Le secteur bancaire pourrait encore déprécier fortement ses survaleurs en 2019

le 21/10/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le montant de goodwill du CAC 40 a progressé de 16% l’an dernier, soutenu par une politique d’acquisitions dynamique, selon l’étude annuelle de Duff & Phelps.

En 2018, le montant de goodwill (survaleur) net comptabilisé dans le CAC 40 a progressé de 15,8% à 379 milliards d’euros, contre une hausse de seulement 4% en 2017, selon la traditionnelle étude annuelle de Duff & Phelps. Cet accroissement «reflète une politique d’acquisitions dynamique – avec notamment le rachat de Luxottica par Essilor, de XL par Axa, de Zodiac par Safran – mais comprend aussi des effets changes pour des opérations antérieures», explique Carine Tourneur, managing director chez Duff & Phelps.

Après deux années de baisse, le montant total des dépréciations de survaleurs a presque triplé à 9,8 milliards d’euros et concerne 17 sociétés sur 40. Toutefois, retraité des 6,3 milliards d’euros de dépréciations d’Axa sur la totalité du goodwill lié à sa participation dans Axa Equitable Holdings (AEH), le montant est stable d’une année sur l’autre. Quatre opérations – chez Axa, TechnipFMC, Saint-Gobain et Danone – ont pesé pour 95% du montant des dépréciations de l’année. «Sans tomber dans un optimisme béat, la tendance est bonne car la plupart des sociétés du CAC 40 n’ont pas passé de dépréciations significatives», ajoute Carine Tourneur. Les dépréciations ont pesé l’an dernier 2,5% du goodwill net, contre 1,1% en 2017, un niveau plancher.

«Cette année, le montant des nouveaux goodwills ne devrait pas progresser au même rythme qu’en 2018 en l’absence d’acquisitions d’envergure en 2019», poursuit Carine Tourneur.  

Chaque année les sociétés passent les tests de dépréciations sur leurs survaleurs en fonction de leur business plan à moyen terme. «Fin 2018, les sociétés étaient plutôt confiantes, à la fois sur leurs perspectives et sur la croissance mondiale, explique Carine Tourneur. Fin 2019, la prudence devrait dominer en raison des récentes incertitudes économiques qui pourraient inciter les entreprises à privilégier des plans d’affaires à moyen terme plus conservateurs. Le secteur bancaire pourrait encore connaître d’importantes dépréciations de goodwills, même si beaucoup ont déjà été passées, dans un environnement de taux négatifs et de changement de business model. Le secteur de l’énergie devrait aussi être affecté avec la volatilité des prix et la transformation vers le renouvelable. En revanche, les autres secteurs ne devraient pas être particulièrement touchés cette année».

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