L’Autorité de la concurrence épingle les pratiques publicitaires de Google

le 31/01/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

L’Autorité de la concurrence épingle les pratiques publicitaires de Google
(Bloomberg)

L'Autorité de la concurrence a annoncé ce matin avoir prononcé des «mesures d'urgence» à l'encontre de Google en lui demandant de clarifier les règles de son service de publicité (Google Ads) applicables aux services payants de renseignements par voie électronique. Elle a été saisie par la société Amadeus, qui propose des services de renseignements téléphoniques, suite à la suspension en janvier 2018 de certains de ses comptes par Google.

L'institution a enjoint à Google de «revoir la procédure de suspension de compte des annonceurs actifs dans le secteur des services de renseignements par voie électronique». L'Autorité a également demandé à Google de «réaliser une revue individuelle de la conformité des campagnes proposées par les comptes non suspendus d'Amadeus aux règles clarifiées et, si cette revue révèle que ces annonces sont effectivement conformes», d'autoriser Amadeus à «diffuser ses annonces publicitaires dans des conditions non-discriminatoires».

«À ce stade, les éléments du dossier tendent à montrer que la suspension des comptes d'Amadeus est intervenue sans avertissement, ni mention claire des manquements reprochés», a expliqué l'Autorité de la concurrence. Celle-ci a aussi souligné que «le même type d'annonces restait autorisé pour d'autres annonceurs, qui ont pu continuer à diffuser des annonces similaires» à celles d'Amadeus.

L'institution «considère que les pratiques de Google sont susceptibles de caractériser une rupture brutale des relations commerciales dans des conditions non objectives, non transparentes et discriminatoires». Elle «s'assurera de la bonne exécution de ces mesures d'urgence et rendra sa décision au fond dans les prochains mois».

La semaine dernière, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) avait infligé à Google une amende de 50 millions d'euros lui reprochant de ne pas informer suffisamment clairement ses utilisateurs sur l'exploitation de leurs données personnelles.

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