L’Arabie saoudite met en sommeil le projet d’IPO d’Aramco

le 23/08/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le projet a été gelé, affirme Reuters, aussi bien pour sa partie internationale qu’à Ryad. Le groupe se concentre sur une entrée au capital de Sabic.

L’Arabie saoudite met en sommeil le projet d’IPO d’Aramco
(Bloomberg)

Cela devait être la plus importante introduction en Bourse de l’histoire. L’IPO de Saudi Aramco n’aura finalement pas lieu. Le royaume a gelé le projet, indiquait hier Reuters sur la foi de quatre sources haut placées dans le secteur pétrolier. Le plan, déjà mis en sommeil depuis plusieurs semaines pour la cotation sur une place étrangère, l’est également désormais pour la mise en Bourse à Ryad. Hier soir, l’Arabie saoudite n’avait pas fait de commentaire.

Selon Reuters, l’Arabie saoudite s’est séparée des conseillers financiers qui travaillaient sur cette opération, car elle concentre désormais son attention sur un projet de prise d’une «participation stratégique» par Aramco au capital du groupe pétrochimique Saudi Basic Industries Corporation (Sabic), numéro quatre mondial de son secteur. JPMorgan et Morgan Stanley, qui avaient été mandatés pour l’IPO avec HSBC, se focalisent désormais sur le dossier Sabic.

Zones d’ombre financières

Ce projet de cotation en Bourse entrait dans le cadre de Vision 2030, le plan de transformation économique et sociale lancé en 2016 par le prince Mohammed ben Salman afin de préparer l’Arabie saoudite à l’après-pétrole. La vente sur les marchés de 5% du capital d’Aramco, la première compagnie pétrolière du monde, aurait permis de faire rentrer près de 100 milliards de dollars, au regard de la valeur de 2.000 milliards de dollars habituellement accordée à Aramco.

Mais l’ouverture du capital du groupe pétrolier ne faisait pas l’unanimité entre les différentes parties impliquées dans le dossier. La cotation sur une place étrangère, qui aurait permis d’assurer une réelle liquidité au titre, a suscité un vif débat. Même si la Bourse de Londres a adopté récemment un régime d’introduction assoupli, spécialement conçu pour attirer le groupe saoudien dans ses filets, une introduction sur une place étrangère aurait contraint Aramco à dévoiler ses secrets financiers. En avril, Bloomberg avait eu accès aux résultats du groupe pétrolier pour le premier semestre 2017, les seuls chiffres jusque-là divulgués. Aramco aurait également dû faire la lumière sur de nombreuses zones d’ombre, comme le montant réel de ses réserves pétrolières.

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