La catastrophe de Gênes place les investisseurs d’Atlantia en plein doute

le 17/08/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En cas de retrait de la concession, les obligataires du groupe d’infrastructures pourraient demander le remboursement anticipé de leurs titres.

Bourse de Milan, Italie
(Bourse de Milan © EU EC Marco Bertorello)

La Bourse de Milan étant fermée mercredi pour le 15 août, les cours des actions et des obligations Atlantia ont lourdement chuté hier face aux conséquences financières qui attendent probablement le groupe d’infrastructures italien après l’effondrement du pont Morandi à Gênes sur l’autoroute A10.

L’action Atlantia a plongé de 22,26%, pour finir à 18,30 euros, perdant jusqu’à 26,66% en séance. Les obligations Atlantia d’échéance juillet 2027 sont tombées à un plus-bas de 86,78 sous le pair en séance, avant de limiter leurs pertes à 91,86. La dette d’Autostrade per l’Italia, la filiale d’Atlantia en charge de la concession de l’A10, a touché un plus-bas, à 88. Dans le même temps, les CDS Atlantia ont bondi de 84 points de base, à 258, un record depuis 2012.

Le gouvernement italien a annoncé hier étudier trois actions possibles contre Autostrade. Selon les termes du contrat de concession entre l’Etat italien et la filiale d’Atlantia, Autostrade pourrait être passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 150 millions d’euros. Un montant «trop faible», pour le vice-ministre des Transports, Edoardo Rixi. L’Etat pourrait aussi retirer à Autostrade la gestion de la section A10 sur laquelle se trouvait le viaduc. Enfin, la filiale d’Atlantia pourrait perdre la totalité de la concession.

Atlantia a contesté, dans un communiqué, la position du gouvernement, soulignant une annonce faite «avant toute vérification des causes matérielles de l’accident». Mais le groupe a reconnu que la rupture du contrat de concession pourrait avoir un impact négatif sur ses actionnaires et ses créanciers.

La perte de la concession compliquerait encore la situation financière d’Atlantia, déjà contraint de renoncer, au début de l’été, à un refinancement obligataire, en raison des tensions sur la dette italienne. La documentation de la dette obligataire du groupe permet en effet aux obligataires de demander le remboursement anticipé de leurs titres dans le cas d’un arrêt ou d’une révocation de concession. Atlantia a 1,75 milliard d’euros de dette obligataire en circulation.

En revanche, un défaut d’Autostrade du fait d’une perte de concession n’entraînerait pas un défaut technique pour sa maison mère, précisent les analystes de CreditSights.

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