BP fait le pari des hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis

le 30/07/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pétrolier britannique s’offre les actifs américains de schiste de BHP pour 10,5 milliards de dollars. Ce dernier les avait acquis pour 20 milliards en 2011.

exploitation de gaz de schiste aux USA.
(photo Continental Resources Inc.)

BP se renforce dans l’amont aux Etats-Unis. Il vient de racheter les actifs américains de schiste de BHP pour 10,5 milliards de dollars (9 milliards d’euros) en numéraire. Début juillet, des rumeurs de presse évoquaient déjà cette issue. Le pétrolier britannique a remporté l’offre au nez et à la barbe de Royal Dutch Shell et de Chevron, et réalise ainsi sa plus importante acquisition depuis près de vingt ans. «Une acquisition transformante pour notre activité de gaz de schiste américaine, et une étape majeure de notre stratégie amont», s’est félicité Bob Dudley, directeur général de BP. Les actifs achetés dégagent une production de 190.000 barils équivalent pétrole jour, sans compter les réserves de 4,6 milliards de barils.

Bien que BP soit toujours affecté par les conséquences de l’explosion de sa plate-forme Deepwater en 2010, avec une facture totale de plus de 65 milliards de dollars, l’avenir s’éclaircit. Cette acquisition sera créatrice de valeur assure BP, conseillé par Morgan Stanley, Robey Warshaw et UBS. Elle sera relutive sur le bénéfice et sur le cash-flow par action. Le ratio d’endettement sera maintenu entre 20% et 30%. Le pétrolier table aussi sur des synergies annuelles de plus de 350 millions de dollars et relève son objectif de cash-flow sur l’amont de 1 milliard de dollars à 14-15 milliards en 2021.

Signe de cette bonne santé recouvrée, BP va relever son dividende pour la première fois depuis près de quatre ans. Au titre du deuxième trimestre 2018, il est rehaussé de 2,5% à 10,25 cents. Le pétrolier britannique prévoit aussi de céder jusqu’à 5-6 milliards de dollars d’actifs supplémentaires, principalement dans l’amont, afin de financer un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 5 à 6 milliards de dollars. Un programme qui s’ajoute au plan de désinvestissements actuel de 2 à 3 milliards par an.

Pour sa part, le groupe minier anglo-australien tourne enfin une page difficile de son histoire. Dès l’été dernier, BHP Billiton avait confirmé sa volonté d’accélérer sa sortie du schiste américain. A l’époque, son directeur général, Andrew Mackenzie, avouait avoir «surpayé» ces actifs, acquis pour 20 milliards de dollars en 2011, et assurait qu’il ne répondait pas à la pression de ses actionnaires. Pourtant, c’est ce que demandait les deux fonds activistes à son capital, Elliott et Tribeca. D’ailleurs, les actionnaires de BHP devraient se féliciter, puisque le produit net de ces cessions leur sera redistribué. BHP devra encore passer une dépréciation de 2,8 milliards de dollars sur ces actifs cédés.

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