Le modèle économique de Facebook s’essouffle

le 27/07/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Facebook fait face, depuis l’annonce de ses résultats du deuxième trimestre, à la déception des investisseurs.

Peut mieux faire. Suite à la publication mercredi 25 juillet, de ses résultats du deuxième trimestre, Facebook a perdu 95 milliards de dollars de valeur en Bourse. L'action a plongé de pratiquement 19% hier pour clôturer à 176,26 dollars. Si le groupe a annoncé un bénéfice net en hausse de 31 % à 5,12 milliards au deuxième trimestre, il a déçu sur son chiffre d’affaires (13,20 milliards de dollars, restant inférieur de 120 millions aux attentes) et sur son nombre d’utilisateurs mensuels (2,23 milliards au lieu de 2,25 milliards attendus). 

Dans une interview sur CNBC, Gene Munster, analyste chez Loup Ventures, a recommandé aux investisseurs de «rester loin du titre Facebook pour le prochain trimestre».

La réaction du marché marque une «rupture» pour Facebook par rapport aux trimestres précédents, «avec un net ralentissement de la croissance des nouveaux abonnés et une révision à la baisse de sa projection de croissance au second semestre», selon une note d’Aurel BGC publiée hier, indiquant que «les différents scandales semblent devoir peser sur sa croissance», en référence à Cambridge Analytica et à la divulgation de fausses informations pendant les élections américaines.​

Se réinventer

Hervé Goulletquer, directeur adjoint de la recherche à La Banque Postale AM, estime de son côté que «Facebook est à la peine». Il précise que «les chiffres du deuxième trimestre ne sont pas là où les investisseurs les attendaient», se demandant si cette tendance est ponctuelle ou structurelle. «La société aimerait que la première hypothèse prévale ; l’analyse met en avant le risque sérieux d’un durcissement de l’environnement fiscal et réglementaire et incite à ne pas rejeter la seconde. Même si bien sûr un modèle économique peut tout à fait être revu. Mais sera-t-il aussi profitable ?».

Facebook va devoir se réinventer pour regagner la confiance des investisseurs. Gene Munster estime dans une note que les résultats de Facebook sont en train de «réinitialiser le profil de croissance de l'entreprise». Le groupe a annoncé vouloir mettre en place un certain nombre d’investissements, à la fois en matière de sécurité et en misant sur des projets innovants (développement de contenus vidéo et intelligence artificielle). Des investissements qui risquent de peser sur la rentabilité de l’entreprise au cours des prochains trimestres.

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