Tereos table sur l'international pour redresser son résultat opérationnel

le 10/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe sucrier prévoit une stabilité de sa marge à 10,5% sur l’exercice en cours, dans un contexte sectoriel toujours déprimé en Europe.

Confronté à une baisse des prix sans précédent sur les marchés sucriers en raison du niveau très élevé des stocks, Tereos mise sur la montée en puissance de ses investissements récents dans les pays émergents (Brésil, Chine, Indonésie, Afrique), ainsi que sur la poursuite de son plan de performance, pour compenser un environnement qui devrait rester très dégradé en Europe.

En dépit d’économies de 30 millions d’euros réalisées sur l’exercice clos le 31 mars dernier, en ligne avec un objectif de 100 millions de gains opérationnels récurrents à trois ans, le groupe coopératif a vu son excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté chuter de 35,5% à 453 millions, ce qui correspond à une marge de 10,5%, contre 15% en 2014-2015. Le repli moyen de 16% des cours de l’éthanol sur le Vieux Continent a également pesé sur son chiffre d’affaires qui affiche une baisse de 8,4% à 4,3 milliards. Le cash-flow libre est néanmoins resté positif à hauteur de 14 millions d’euros. La dette financière, quasiment stable à 2 milliards d’euros, a pâti d’un impact négatif de changes d’environ 100 millions, «en raison d’une hausse des coûts de préfinancement en dollars des exportations», souligne Alexis Duval, président du directoire. Compte tenu de la baisse de rentabilité du groupe, son ratio de dette nette sur Ebitda a atteint 4,5 fois à fin mars 2015, contre 2,8 fois un an plus tôt.

Pour l’exercice en cours, le troisième sucrier mondial prévoit «une marge brute d’exploitation ajustée comparable à celle de 2014-2015». La création de Tereos Commodities en novembre 2014 devrait renforcer son réseau de distribution sur les marchés mondiaux, tout comme l’acquisition de Napier Brown Sugar au Royaume-Uni le mois dernier. Au Brésil, Tereos s’appuiera sur ses rendements agricoles supérieurs de 15% à la moyenne de la profession et sur le développement de ses activités dans la cogénération d’électricité.

Malgré le refus de son concurrent Cristal Union d’engager des discussions sur un rapprochement, le groupe veut toujours participer à la consolidation du secteur qui sera totalement libéralisé au 1er octobre 2017. Si la concentration du marché européen a jusqu’à présent été ralentie par l’existence de quotas, des excédents sucriers estimés par Tereos à 4 millions de tonnes à l’horizon 2017, dont 3 millions de tonnes en France, feront de la capacité à exporter un facteur clé de succès pour les acteurs de la région.

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