Saint-Gobain engrangera une plus-value de 700 millions d’euros sur Verallia

le 09/06/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La cession de sa filiale de conditionnement en verre à Apollo devrait s’accompagner d’une entrée de Bpifrance à hauteur de 10% du capital.

Six mois après avoir remis en vente Verallia, Saint-Gobain a finalement choisi d’entrer en négociations exclusives avec Apollo Global Management pour lui céder sa filiale de conditionnement en verre. Conseillé par Lazard, le groupe de capital-investissement l’a emporté sur son homologue Blackstone et sur l’industriel portugais BA Vidro à l’issue du deuxième tour d’enchères, en proposant d’acquérir Verallia pour 2,945 milliards d’euros en valeur d’entreprise.

Le prix de cession fait ressortir sur l’exercice écoulé un multiple de 7,4 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) pour Verallia, hors activités Amérique du Nord cédées en avril 2014 à l’irlandais Ardagh pour 1,27 milliard d’euros. Selon Oddo Securities, ce prix «est sensiblement supérieur à la valorisation de 2,3 milliards d’euros ressortant aujourd’hui de notre DCF». La plus-value nette enregistrée par le groupe de matériaux de construction devrait avoisiner 700 millions d’euros, le bouclage de la transaction étant prévu avant fin 2015.

«Cette offre ferme et définitive ne comporte pas de conditions de financement», précise Saint-Gobain. Avec des liquidités disponibles pour l’investissement («dry powder») équivalentes à 25,5 milliards d’euros au 31 mars 2015, Apollo dispose d’une marge de manœuvre suffisamment large. Bpifrance a en outre fait savoir hier qu’elle allait soumettre à son comité d’investissement le projet d’une prise de participation de 10% dans Verallia.

«Très clairement, Saint-Gobain met à profit la fenêtre de tir ouverte par cet environnement singulier de taux bas et l’appétit retrouvé des investisseurs pour le risque pour faire tourner son portefeuille et accélérer le recentrage sur les métiers de l’habitat, d’autres ajustements n’étant peut-être pas à exclure», commentent les analystes actions de CM-CIC Securities. Ils ajoutent que la faible croissance organique de Verallia, accompagnée de marges élevées, correspond bien aux attentes des groupes de private equity.

Les analystes crédit de la banque remarquent cependant que l’impact positif de cette cession sur le profil financier de Saint-Gobain, notamment la baisse de son ratio de dette nette sur Ebitda de 0,6 fois, sera temporaire étant donné la prise de contrôle en cours par le groupe français du suisse Sika. «La finalisation de cette opération, retardée du fait de l’opposition du management, se traduirait par une remontée d’environ 0,3 fois du ratio de dette nette sur Ebitda», soulignent-ils.

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