ABB est contraint de remanier son plan stratégique à cinq ans

le 10/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le géant industriel revoit en baisse sa prévision de croissance organique. Il vise un milliard de dollars d’économies supplémentaires d'ici à fin 2017.

ABB est contraint de remanier son plan stratégique à cinq ans

Un an après avoir présenté son plan stratégique «Next Level» pour la période 2015-2020, ABB doit l’adapter pour tenir compte d’un contexte économique mondial plus incertain, notamment en Chine. Le géant industriel suisse, qui tenait hier sa journée investisseurs, prévoit désormais pour ce pays une croissance annuelle moyenne comprise entre 5 et 6% d’ici à 2020, contre environ 7% en septembre 2014. Le marché chinois devra notamment faire face à «une contraction massive» de la demande dans le secteur des hydrocarbures, a souligné le directeur général Ulrich Spiesshofer.

L’objectif de croissance organique d’ABB à cinq ans est ainsi ramené entre 3 et 6%, contre une fourchette de 4 à 7% auparavant anticipée. La marge opérationnelle (Ebita) est en revanche toujours attendue entre 11 et 16% et la progression prévue du bénéfice par action est maintenue entre 10 et 15%. Pour conforter ces objectifs, le groupe zurichois lance un programme d’économies supplémentaires atteignant un milliard de dollars par an d’ici fin 2017, qui portera avant tout sur une réduction de ses frais de siège.

Ce programme aura un coût d’environ 1,2 milliard de dollars, dont 850 à 900 millions découleront des charges de restructuration et 350 millions de la mise en œuvre du programme. A cela s’ajoutera un meilleur contrôle du besoin en fonds de roulement qui permettra d’accroître d’au moins 2 milliards de dollars la génération de cash-flow libre, grâce à une gestion plus fine des stocks. «Le groupe maintient son programme de rachat de 4 milliards de dollars d’actions (pour 1,8 milliard de titres rachetés depuis sa mise en place) et prévoit de renforcer ses opérations de croissance externe», relèvent de leur côté les analystes de CM-CIC Securities.

Le groupe simplifiera par ailleurs sa structure géographique (passage de 8 à 3 régions) et opérationnelle (4 divisions contre 5 auparavant). La principale nouveauté provient de la création d’une division nommée «Power Grids» qui regroupera les offres destinées au transport et à la distribution d’électricité, tandis que les activités de moyenne et basse tension pour des applications industrielles iront dans la nouvelle division «Electrification Products». Selon Morgan Stanley, cette réorganisation «est une réponse à l’entrée récente de l’investisseur activiste Cevian Capital», qui détient 5,2% d’ABB. Cela en fait le deuxième actionnaire d’ABB derrière le suédois Investor dont la participation s’élève à 9,5%.

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