Alcatel-Lucent tire mieux son épingle du jeu que son partenaire Nokia au premier trimestre

le 11/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’équipementier télécoms, qui a amélioré ses marges d’exploitation, exclut tout changement des termes de l’offre de rachat initiée par Nokia.

Alcatel-Lucent et Nokia n'ont pas l'intention de revoir les termes financiers de leur projet de rapprochement, entièrement financé en titres de Nokia. Le directeur général d’Alcatel-Lucent, Michel Combes, l'a une nouvelle fois rappelé jeudi lors de la publication des résultats trimestriels du groupe. L’accord conclu mi-mars «est une opération stratégique qui ne dépend pas de performances isolées sur un trimestre», les deux entreprises ayant confirmé leurs objectifs annuels, a insisté Michel Combes. Si elle a regagné 2,4% jeudi, l’action Alcatel-Lucent reste en repli de 13% depuis la mi-avril, contre un recul de 19% pour le titre Nokia.

Pourtant, après les déceptions engendrées par les résultats trimestriels d’Ericsson et de Nokia, Alcatel-Lucent a prouvé sa capacité à améliorer sa rentabilité opérationnelle, alimentant ainsi la spéculation sur un décalage de valorisation entre les deux partenaires. En dépit d’un ralentissement du marché nord-américain, qui représente près de la moitié de son chiffre d’affaires, ainsi que d’une faiblesse de la demande au Japon, sa marge brute d’exploitation a gagné 230 points de base (pb) en un an pour atteindre 34,6% à fin mars 2015, contre un consensus à 33,3%. Celle de Nokia a reculé de 600 pb à 33,6%.

Il en est de même pour la marge opérationnelle, qui a progressé de 140 pb à 2,5% chez Alcatel, contre une chute 530 pb à 2,4% pour l’équipementier finlandais. Contrairement à ses homologues nordiques, Alcatel-Lucent a enregistré une solide performance de ses ventes de logiciels dans ses activités d’accès aux réseaux mobiles. Ce dernier «continue de profiter de son programme de réduction de coûts fixes, mais ses charges d’exploitation sont stables à taux de change constants car le groupe réinvestit dans des divisions clés, le routage IP et l’optique», relèvent les analystes d’Oddo Securities.

Malgré la diminution des charges financières, son résultat net reste déficitaire (-72 millions d’euros contre -73 à fin mars 2014) en raison d’une hausse du niveau d’imposition. Le cash-flow libre s’améliore de 66 millions d’euros d’un an sur l’autre, tout en demeurant largement négatif à 332 millions, affecté par la hausse des stocks et des créances clients. «Les actionnaires mécontents d'Alcatel ont désormais davantage de munitions compte tenu de la forte divergence entre la performance de Nokia et celle d'Alcatel sur le trimestre», estime Alexandre Peterc, analyste chez BNP Paribas.

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