Le soutien d’Eurocement augmente les chances de la fusion Lafarge-Holcim

le 04/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le cimentier russe, deuxième actionnaire de Holcim, entend contribuer positivement à l’expansion du groupe élargi.

Le franc soutien apporté la semaine dernière par Eurocement Holding à la fusion entre Lafarge et Holcim renforce considérablement les chances d’un vote positif des actionnaires lors de l’assemblée générale extraordinaire du cimentier suisse prévue ce vendredi. Alors qu’il avait auparavant fait monter la pression sur Holcim, le groupe russe, son deuxième actionnaire avec plus de 10,8% du capital, a pris sa décision après avoir analysé «tous les avantages et les inconvénients liés à la création possible d’un leader mondial des matériaux de construction».

Il en a conclu que «le potentiel de développement de la nouvelle entité est très favorable» et entend continuer à «contribuer positivement à l’expansion du groupe élargi». Mi-avril, Eurocement avait déjà répondu favorablement à la proposition de Holcim de rejoindre le conseil d’administration du groupe fusionné, en choisissant de se faire représenter par son fondateur Filaret Galchev, également président du conseil d’administration du cimentier russe.

Holcim doit obtenir l'aval de deux tiers de ses actionnaires pour procéder à l'augmentation de capital nécessaire au financement de l'opération. Le premier actionnaire Thomas Schmidheiny, qui détient une participation de 20,1%, avait déjà fait savoir qu’il était favorable au rapprochement des deux groupes. Avec un flottant représentant près de 60% du capital, il semble improbable que ses autres actionnaires votent en nombre suffisant contre cet appel au marché pour bloquer l’opération. Le cimentier suisse a de surcroît obtenu en mars une nouvelle parité d'échange et une nouvelle gouvernance pour le groupe fusionné. Les dirigeants des deux groupes ont réaffirmé leur intention de boucler la fusion en juillet prochain.

Si le premier trimestre 2015 ne représente qu’un cinquième du chiffre d’affaires annuel de Lafarge et de Holcim, leurs résultats sur la période ont été plutôt solides, ce qui a conduit les deux groupes à confirmer leurs prévisions respectives. Lafarge, qui avait connu un quatrième trimestre 2014 difficile, a même dépassé le consensus sur son excédent brut d’exploitation. «Cela relativise les craintes liées à la baisse du prix du pétrole sur la zone clé du cimentier français, à savoir le Moyen-Orient et l’Afrique», estiment les analystes d’Aurel BGC. Ils ajoutent que c’est pour celui-ci en tout état de cause «une situation favorable dans le cadre de la fusion avec Holcim».

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