Nokia défend les termes de son rapprochement avec Alcatel-Lucent

le 04/05/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe finlandais, dont les marges ont chuté à fin mars, a minimisé les critiques d’Odey Asset Management sur le prix de rachat de son concurrent.

Nokia ne semble pas s’émouvoir des critiques d’un fonds britannique sur son projet de fusion avec Alcatel-Lucent. Odey Asset Management, deuxième actionnaire de l’équipementier franco-américain avec environ 5,2% du capital, a jugé «inacceptables» les termes actuels du rapprochement entre les deux groupes. Il estime que cette transaction, présentée comme une acquisition d’Alcatel par Nokia, «a en réalité les caractéristiques d’une fusion», compte tenu des parités d’échange de l’offre entièrement payée en titres.

L’opération, qui intègre une prime de 28% sur la moyenne des cours de Bourse d’Alcatel durant les trois mois précédents l’annonce, valorise ce dernier 15,6 milliards d’euros, niveau considéré comme insuffisant par Odey.

«Nous avons rencontré de nombreux actionnaires ces deux dernières semaines et leur retour est très fort, très positif», a répondu jeudi Rajeev Suri, directeur général de Nokia, lors de la publication des résultats trimestriels du groupe, ajoutant que «tous les clients sont favorables à l’acquisition d’Alcatel». Prié de dire si les termes de cet accord pourraient être modifiés, le dirigeant a simplement souligné qu'ils avaient été approuvés par les deux conseils d'administration.

A moins de rallier à sa cause de nombreux investisseurs, Odey Asset Management aura du mal à faire échouer l’opération car seuls les actionnaires de Nokia sont appelés à voter sur ce projet. Celui-ci bénéficie en outre du soutien du gouvernement français, actionnaire d’Alcatel-Lucent à hauteur de 3,8% via la Caisse des dépôts. Enfin, pour que la transaction soit menée à bien, seulement la moitié des titres de l’équipementier français doivent être apportés à l’offre.

Le fonds britannique a reconnu «l’intérêt stratégique» d’un rapprochement offrant «des possibilités de synergies significatives». Les pressions concurrentielles grandissantes justifient le besoin d’une masse critique accrue pour survivre dans le secteur, comme en témoigne la chute plus forte que prévu de la marge opérationnelle de la division réseaux de Nokia à 3,2% au premier trimestre 2015, contre 9,3% un an plus tôt et 14% au quatrième trimestre 2014.

Celui-ci anticipe une marge comprise entre 8 et 11% sur l’ensemble de 2015. Selon le bureau d’analyse d'Exane BNP Paribas, les perspectives de conclure l'affaire seraient confortées si Alcatel faisait aussi état d'un médiocre premier trimestre jeudi matin.

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