General Electric tourne le dos à la finance

le 13/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La majeure partie des actifs immobiliers de GE Capital sera cédée pour 26,5 milliards de dollars.

Le management de GE pourra désormais se concentrer pleinement sur les actifs industriels. Jeff Immelt, PDG de GE. Capture écran.

C’est un virage stratégique radical qui a été annoncé vendredi par Jeff Immelt, le PDG de General Electric (GE). Après avoir réduit à petits pas son exposition au secteur financier depuis la crise de 2008, le conglomérat américain va céder la majeure partie des activités de sa filiale GE Capital sur les 24 prochains mois, à l’exception de celles qui seront utiles à son pôle industriel. La plus grande part du portefeuille d’actifs immobiliers de GE Capital sera vendue pour 26,5 milliards de dollars (25 milliards d'euros).

Le fonds de capital-investissement Blackstone et le groupe financier Wells Fargo rachèteront la majeure partie de ces actifs pour environ 23 milliards de dollars. GE précise avoir d’autre part signé «des lettres d'intention sur la vente de quatre milliards de dollars supplémentaires d'actifs d'immobilier commercial à d'autres acquéreurs», dont il n'a pas révélé l'identité.

Ce désengagement constitue la transaction la plus importante dans le secteur immobilier depuis le rachat d'Equity Office Properties Trust par Blackstone pour 39 milliards de dollars, dettes comprises, en 2007.

L’appétit de Blackstone pour ce secteur ne semble d’ailleurs pas totalement assouvi, puisque le géant financier a fait savoir vendredi qu’il allait également racheter pour environ 2 milliards de dollars le groupe américain Excel Trust. Sa filiale Blackstone Property Partners déboursera 15,85 dollars par action Excel, ce qui fait ressortir une prime d'environ 15% sur le cours de clôture de sa cible jeudi.

Outre l’immobilier, les activités de GE Capital mises en vente englobent la quasi-totalité des prêts aux entreprises, le crédit-bail, ainsi que le crédit à la consommation aux Etats-Unis et à l’international. «Le modèle économique des grands établissements qui se financent sur les marchés a maintenant changé, ce qui rendra désormais plus difficile l’atteinte d’un niveau acceptable de rentabilité», relève Keith Sherin, PDG de GE Capital. Le groupe mène actuellement des négociations avec les régulateurs américains pour faire sortir GE Capital de la liste des établissements considérés comme ayant une importance systémique (SIFI).

GE inscrira dans ses comptes du premier trimestre 2015 des charges exceptionnelles après impôt d'environ 16 milliards de dollars liées à sa restructuration, dont 12 milliards seront sans incidence sur sa trésorerie. Les cessions d’actifs de GE Capital devraient lui rapporter 35 milliards sous forme de dividendes. Le conseil d'administration a également approuvé un nouveau programme de rachats d'actions d'un montant maximal de 50 milliards de dollars. Ce programme vise à ramener le nombre de titres en circulation entre 8 et 8,5 milliards à l’horizon 2018, contre un nombre d’actions de 10,06 milliards au 31 janvier. Ce sont donc au moins 90 milliards de dollars qui devraient être rendus aux actionnaires d’ici 2018. A cet horizon, plus de 90% de ses bénéfices devraient provenir des activités industrielles, contre seulement 58% l’an dernier.

Selon les analystes de Morningstar, «le management pourra désormais se concentrer pleinement sur le portefeuille d’actifs industriels de GE, qui devrait bénéficier à court terme d’investissements plus importants dans la R&D». Ils estiment en outre que la diversité de ces actifs «fournira aux actionnaires des bénéfices de meilleure qualité à l’avenir».

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