Shell soigne les actionnaires de BG Group dans son projet de fusion

le 09/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rachat du groupe gazier pour 47 milliards de livres en cash et en titres fait ressortir une prime de 50% sur son cours de clôture de mardi.

Il n’aura pas fallu attendre un an pour que la chute des cours du pétrole déclenche la plus importante annonce de fusion depuis plus d’une décennie dans le secteur des hydrocarbures. Conseillé par BoA Merrill Lynch, Royal Dutch Shell va débourser quelque 47 milliards de livres (64,3 milliards d’euros) en numéraire et en titres pour racheter son concurrent BG Group «afin d’accélérer son expansion dans le gaz naturel liquéfié (GNL) et les gisements en eaux profondes».

Shell paiera 383 pence en cash et 0,4454 action Shell de classe B pour chaque action BG Group. Ce rapprochement amical, qui devrait être mené à bien début 2016, prendra la forme d’un concordat à l’anglo-saxonne (scheme of arrangement) approuvé par un tribunal, Shell se réservant la possibilité de lancer une OPA sur sa cible conseillée par Goldman Sachs et Robey Warshaw.

Les actionnaires de BG Group détiendront environ 19% de l'entité fusionnée. Sur la base du cours de clôture de Shell au 7 avril, la valorisation du groupe britannique atteint 1.367 pence par action, ce qui fait ressortir une prime de 50% sur son cours de clôture mardi. Ce niveau «correspond à un juste prix pour les actionnaires de BG, alors que ceux de Shell pourraient le juger élevé, étant donné la propension du pétrolier anglo-néerlandais à surpayer ses acquisitions par le passé», commente le bureau d’analyse de CM-CIC Securities.

Anticipant des synergies annuelles avant impôt de l'ordre de 2,5 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros), l’acquéreur a souligné que les actionnaires de sa cible bénéficieront du dividende de 1,88 dollar par action versé en 2015, le dividende payé l’an prochain étant d’un montant au moins égal. Sur la base de ses coûts récurrents, l’opération «sera moyennent relutive sur le bénéfice par action en 2017 et fortement relutive à l’horizon 2018», l’effet relutif sur son cash-flow d’exploitation étant visible dès 2016.

Shell accélérera ses cessions d’actifs qui atteindront 30 milliards de dollars sur la période 2016-2018, ce qui renforcera sa structure de bilan. Afin de compenser la dilution émanant des titres émis pour financer une part de la transaction, le géant pétrolier a aussi prévu «de lancer un programme de rachat d’actions d'au moins 25 milliards de dollars sur la période 2017-2020». Le titre BG Group a terminé la séance d’hier en hausse de 26,7% à 1.153 pence, tandis que l’action Shell B a cédé 8,6% à 2.019,5 pence sur le marché londonien.

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