La chute du pétrole met un peu plus en lumière les difficultés de Vallourec

le 30/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La dépréciation de 1 à 1,2 milliard d'euros annoncée par le producteur de tubes en acier va au-delà de la simple adaptation conjoncturelle.

La dépréciation annoncée par Vallourec pour 2014, et dont le montant final sera compris entre 1 et 1,2 milliard d’euros, prend évidemment la mesure de l’effondrement de 60% des cours du pétrole en six mois. Elle représente environ un quart de la valeur des actifs du groupe. Toutes les majors pétrolières ont annoncé ces derniers jours de fortes réductions de leurs investissements et il est probable que d’autres sous-traitants du secteur soient contraints de déprécier eux aussi leurs actifs.

Hier, dans la foulée de Vallourec, dont le cours a cédé 3,78% à 18,99 euros, CGG a chuté de 6,36% à 5,08 euros et Technip de 1,92% à 51,54 euros.

Mais au-delà de ces éléments, la dépréciation signale des maux plus profonds pour le fabricant de tubes en acier sans soudure. «Nous considérons que le groupe fait face à un changement d'environnement profond et potentiellement durable dans certains de ses aspects», reconnaît ainsi Philippe Crouzet, le président du directoire de Vallourec. La direction du groupe avait d'ailleurs noté un changement d'attitude de ses grands clients pétroliers bien avant la chute des cours du pétrole. Vallourec avait averti sur ses résultats en juillet 2014, pour la quatrième fois en quatre ans.

Les programmes d’exploration-production pétroliers sont de plus en plus complexes et coûtent donc de plus en plus chers, rendant leur rentabilité plus incertaine. D’où une extrême sélectivité dans le choix de leurs investissements. «Il en résulte une forte pression pour leurs fournisseurs pour l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement», admet Philippe Crouzet, encore plus du fait d’une surproduction persistante dans le domaine des tubes. La moitié de la dépréciation concerne VSB, la filiale brésilienne du groupe, qui comprend notamment la coentreprise avec Nippon Steel & Sumitomo Metal (NSSM). Lancé en 2011, cet investissement de 1 milliard de dollars était censé répondre à la croissance du marché mondial.

«Le prix du pétrole remontera et les forages repartiront», est persuadé Philippe Crouzet, «même s'il est impossible aujourd'hui de dire avec précision quand». En attendant, le groupe ne peut qu’adapter son modèle. Le président du directoire présentera le 24 février un plan de restructuration qui ira au «au-delà de la simple adaptation conjoncturelle à la chute des marchés».

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