Les émetteurs demandent plus de transparence aux agences de notation extra-financières

le 22/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les politiques RSE contribuent à la performance globale, selon une étude Paris Europlace. Le dialogue peut s’améliorer avec les gestions ISR.

Les émetteurs ne peuvent plus faire l’impasse sur les questions de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Ces dernières reconnaissent que les politiques RSE contribuent à leur performance globale, selon l’enquête menée par la commission Finance durable de Paris Europlace. Cela se traduit par une meilleure maîtrise des risques, par des gains d’appels d’offres et des revenus générés par les produits RSE, par l’arrivée de nouveaux investisseurs socialement responsables (ISR), et par la réduction des coûts grâce à la maîtrise des déchets et des consommations d’eau et d’énergie.

Seuls 20% perçoivent cette stratégie comme un coût supplémentaire.

Signe de l’importance de cette politique RSE, dans 85% des cas un membre du comex en a la charge, et 95% des conseils d’administration sont saisis de cette question. Maintenant, la RSE est quasi systématiquement évoquée en assemblée générale. Une thématique appelée à monter en puissance, d’autant que la croissance responsable et durable est au cœur des aspirations de la génération Y, selon l’étude annuelle de Deloitte, The Millenial Survey.

D’ailleurs, les entreprises jugent essentielle la reconnaissance de leurs démarches RSE et pour renforcer la crédibilité de cette politique, elles misent sur un dialogue régulier avec leurs clients, leurs salariés, les investisseurs et les ONG. Pour autant, plus des deux tiers des entreprises ne pensent pas qu’un label «vert» puisse favoriser l’émission d’obligations et affichent leur scepticisme sur cette démarche. Le succès de la politique RSE se traduit notamment dans la notation extra-financière ou encore en remportant des appels d’offres.

Si les émetteurs jugent utile le rôle des agences de notation extra-financières comme celui des gestions ISR, ils leur reprochent le manque de transparence et de fiabilité de leurs démarches. Ils critiquent l’hétérogénéité des méthodes des agences de notation et l’opacité des notes, et aimeraient que les gestions ISR communiquent sur leurs méthodologies et aient un suivi plus régulier.

Cette politique RSE se traduit notamment par la mise en place de rapports plus intégrés. Les deux tiers des émetteurs incluent déjà leur rapport développement durable dans le rapport d’activité. Toutefois, le rapport intégré, initié par l’International Integrated Reporting Council (IIRC) est loin de faire l’unanimité, un tiers des répondants le jugeant trop complexe et chronophage.

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