L’informatique dématérialisée bridera la rentabilité de SAP sur les trois prochaines années

le 21/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le leader européen des logiciels prévoit désormais une marge d’exploitation de 33,3% au maximum en 2017, contre un niveau de 35% auparavant attendu.

L’informatique dématérialisée bridera la rentabilité de SAP sur les trois prochaines années

La montée en puissance de SAP dans le cloud computing (informatique en nuage ou dématérialisée) freinera la progression de sa rentabilité opérationnelle au cours des trois prochaines années, a indiqué hier le leader européen des logiciels en présentant ses résultats annuels. Alors que le groupe allemand tablait jusqu’ici sur une marge d’exploitation (non IFRS) de 35% pour un chiffre d’affaires global de 22 milliards d’euros à l’horizon 2017, il anticipe désormais à cette échéance un bénéfice d’exploitation compris entre 6,3 et 7 milliards pour un chiffre d’affaires de 21 à 22 milliards, soit une marge de 33,3% au maximum. Celle-ci s’élevait à 32,1% l’an dernier, après 32,4% en 2013. L’action a terminé sur un recul de 4,6% à 54,9 euros après ces nouvelles prévisions.

Interrogé par l’Agefi, Henri van der Vaeren, directeur général SAP France et Belux, souligne que «les ventes de licences ont progressé en 2014 de 22% sur le marché français, les revenus issus du cloud connaissent quant à eux une croissance de 38% d’une année sur l’autre». A l’échelle du groupe, ces chiffres ressortent respectivement à -3% et +45%.

Le passage d’un modèle économique générant des revenus immédiats (issus des ventes de licences) à un modèle fondé sur des revenus différés (fourniture de services d’abonnement) a conduit SAP à multiplier depuis 2011 les opérations de croissance externe pour rester concurrentiel. Bouclée le mois dernier, l’acquisition de l’américain Concur a porté sa dette nette à 7,7 milliards d’euros à fin 2014, contre 1,5 milliard un an plus tôt. Le groupe a en effet financé ce rachat par une ligne de crédit de 7 milliards d’euros. Le paiement de 555 millions d’euros lié au règlement d’un litige, ainsi qu’une hausse des investissements, ont fait chuter de 13% son cash-flow libre annuel à 2,8 milliards.

«Nous sommes dans une logique de parts de marché», a déclaré le président du directoire Bill McDermott, qui vise des revenus issus du cloud supérieurs à ceux émanant des licences en 2018. La taille critique dont disposera SAP à ce moment-là «permettra une croissance accélérée du bénéfice d’exploitation». En 2020, ce bénéfice devrait se situer dans une fourchette de 8 à 9 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires attendu entre 26 et 28 milliards, près des trois quarts de ce dernier ayant alors un caractère récurrent.

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