L’équipementier médical Stryker prépare une offre sur Smith & Nephew

le 29/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe américain serait prêt à payer une prime de 30% pour s’emparer de son concurrent britannique déjà valorisé 16,4 milliards de dollars.

La consolidation du marché des équipements médicaux devrait franchir un pas supplémentaire à l’échelle mondiale grâce aux géants américains du secteur. Alors que Medtronic doit prochainement boucler le rachat de l’irlandais Covidien annoncé en juin pour près de 43 milliards de dollars (35,2 milliards d’euros), le groupe de technologies chirurgicales Stryker peaufine une OPA sur son concurrent britannique Smith & Nephew, selon l’agence Bloomberg qui se réfère à plusieurs sources proches du dossier.

Smith & Nephew est actuellement dirigé par Olivier Bohuon, considéré comme un candidat crédible pour succéder à Chris Viehbacher, évincé début novembre de son poste de directeur général de Sanofi.

Le groupe américain, qui pèse environ 37 milliards de dollars en Bourse, pourrait proposer une prime d’environ 30% pour prendre le contrôle de sa cible dont la valorisation atteignait mercredi 16,4 milliards de dollars. Stryker avait démenti au mois de mai des rumeurs lui prêtant l’intention de racheter son concurrent, ce qui en vertu de la réglementation britannique lui interdisait de déposer toute offre pendant une période de six mois.

L’offre de rachat, susceptible d’être lancée dans les prochaines semaines, ne ferait pas appel au dispositif d’inversion fiscale qui consiste à déplacer la domiciliation de l’entreprise dans un pays où le taux d’imposition sur les sociétés est plus faible qu’aux Etats-Unis. Ceci en raison du faible niveau d’économies induites et du risque politique grandissant lié à cette pratique, précise l’une des sources.

Les analystes de Morgan Stanley estiment que l’impact relutif de l’opération serait plus important sur les bénéfices du groupe américain s’il n’a pas recours à ce dispositif. Ils ajoutent que la transaction «pourrait être réalisée en numéraire et financée entièrement par endettement, l’alternative étant une offre mixte financée à hauteur d’environ 85% par la dette et grâce à une augmentation de capital pour les 15% restants».

La recherche d’une taille critique de plus en plus importante dans ce secteur outre-Atlantique s’explique par le fait que les établissements hospitaliers et les assureurs souhaitent obtenir des conditions tarifaires plus favorables de la part des fournisseurs de matériels médicaux, afin de juguler la hausse de leurs propres coûts d’exploitation.

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