Le gouvernement cherche un nouveau régime de retraite pour les dirigeants

le 19/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Emmanuel Macron a confié à l’Inspection générale des finances une mission pour supprimer les retraites chapeau, qui font régulièrement polémique.

Le gouvernement veut en finir avec les retraites chapeau et les fréquentes polémiques qu'elles engendrent. «J’ai demandé avec Michel Sapin [le ministre des Finances] qu’une mission de l’Inspection générale des finances soit faite pour que […] nous puissions trouver une vraie solution pour supprimer les retraites chapeau et les remplacer par un régime de droit commun plus lisible pour tous les Français», a déclaré hier le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, à l’Assemblée nationale. Les conclusions devront être rendues avant la fin de l’année.

La récente polémique sur la retraite chapeau de Didier Lombard, ancien patron de France Télécom, quelques semaines après celle sur la retraite de Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, a de nouveau mis le feu aux poudres. L’an dernier, Philippe Varin, ancien patron de PSA, avait dû renoncer à une telle indemnité. Pourtant, «nous sommes loin du temps des retraites chapeaux réglées directement par les entreprises, qui ont défrayé la chronique par leur montant et par leur coût pour les actionnaires, explique Bénédicte Hautefort, éditrice de l’Hebdo des AG. Actuellement, un tiers du CAC 40 propose un régime de retraite supplémentaire, réglé par une société d'assurance à laquelle l'entreprise cotise, pour un nombre plus ou moins important de cadres dirigeants».

Emmanuel Macron a rappelé hier que l’Etat actionnaire avait systématiquement voté contre les retraites chapeau. Il avait déjà donné le ton le mois dernier en demandant aux dirigeants de poursuivre leurs efforts, notamment «d’exemplarité» et en priant le Haut comité de gouvernement d’entreprise «d’aller plus loin» sur les retraites chapeau. Le code Afep-Medef prévoit actuellement certaines règles d’encadrement, notamment que cette retraite ne puisse être supérieure à 45% du revenu de référence.

«On ne peut pas demander à un dirigeant mandataire social d’être révocable ad nutum sans lui donner une compensation, poursuit Bénédicte Hautefort. C’est une question de dialogue entre l’entreprise et ses parties prenantes. Au lieu de chercher une règle uniforme, il vaudrait mieux travailler encore davantage sur la gouvernance et se donner les moyens d'avoir, au sein des conseils, des représentants de toutes les sensibilités qui entourent l'entreprise, par exemple en accueillant systématiquement des administrateurs salariés dans tous les comités de rémunération».

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