Le spécialiste de la santé animale Virbac va doubler de taille sur le marché américain

le 28/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rachat à Eli Lilly de droits sur deux antiparasitaires apportera au groupe français un chiffre d’affaires d’environ 75 millions d’euros.

La décision prise en avril dernier par Novartis de céder à Eli Lilly son activité mondiale de santé animale va donner lieu à une redistribution des cartes outre-Atlantique. Si cette transaction de 5,4 milliards de dollars (4,3 milliards d’euros) a déjà été approuvée au début de ce mois par Bruxelles, elle est toujours examinée par la Commission fédérale du commerce (Federal Trade Commission ou FTC), chargée d’éviter une concentration excessive des acteurs sur le marché américain.

C’est dans ce contexte que le français Virbac, spécialisé dans la santé animale, a annoncé hier la signature d’un accord avec Eli Lilly en vue de lui racheter un ensemble de droits afférents à deux antiparasitaires majeurs pour chiens, actuellement commercialisés aux Etats-Unis par Novartis Animal Health.

Selon Oddo Securities, cette acquisition, dont le montant n’a pas été dévoilé par Virbac à ce stade, «avoisinera probablement les 200 millions d’euros», soit environ 2,5 fois le chiffre d’affaires attendu des activités rachetées pour l’exercice en cours. Si elle inclut «les marques, autorisations de mise sur le marché, brevets, savoir-faire et clientèles» relatifs aux deux gammes de produits (Sentinel Flavor Tabs et Sentinel Spectrum), elle ne porte pas sur le rachat des équipes de son concurrent.

De ce fait, «d’importantes synergies commerciales pourraient être mises en place» avec les équipes de Virbac qui ont été considérablement renforcées ces dernières années, estiment les analystes de Gilbert-Dupont.

Ils soulignent que la part de marché de Virbac, qui ne dépasse pas 4% aux Etats-Unis à l’heure actuelle, devrait suite à cette opération être multipliée par deux «sur l’un de ses marchés les plus stratégiques mais également sur le segment où il est le plus gros», celui de la prévention du ver du cœur du chien (dirofilariose). Etant donné que la part de marché de Virbac resterait inférieure à 30% sur ce segment, ils jugent «peu élevé» le risque d’un refus de la FTC, qui doit donner son aval à l’opération.

Cette acquisition est par ailleurs soumise à la clôture de la transaction entre Eli Lilly et Novartis, elle-même attendue d’ici au 31 mars prochain. L’action Virbac a terminé en hausse de 1,6% à 163,3 euros hier sur le compartiment A d’Euronext Paris.

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