Le gouvernement veut accélérer l’ouverture du capital des groupes publics d’infrastructures

le 20/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plusieurs entreprises comme RTE, GRDF ou ERDF sont concernées. Des dossiers régulièrement étudiés mais complexes à mettre en œuvre

Avec des liquidités surabondantes face à des actifs rares, le ministre de l’Economie veut accélérer le rythme des cessions d’actifs des entreprises publiques de réseau. «Nous avons des infrastructures existantes dans le pays dans plusieurs entreprises publiques de réseau. Notre volonté c'est de les ouvrir», a déclaré Emmanuel Macron vendredi lors d'un colloque de l'Association des investisseurs en infrastructure à long terme. L’objectif est de «libérer du capital» afin que ces entreprises «le remobilisent sur d'autre projets et des investissements qu'elle doivent faire».

Le ministre de l’Economie n’a pas cité de nom, mais plusieurs entreprises publiques de réseau sont concernées : RTE, la filiale de réseau d’EDF, ainsi que GRDF et ERDF, les sociétés de distribution de gaz et d’électricité dont les besoins d’investissements vont s’accroître dans les prochaines années. Le nom de GRTgaz est également évoqué, même si un quart du gestionnaire du transport du gaz en France détenu par GDF Suez a déjà été vendu en 2011 au trio CDC Infrastructures-CNP Assurances-Caisse des Dépôts.

Le sujet d’une ouverture du capital de RTE revient régulièrement depuis plusieurs années. Toutefois, aucune banque n’a encore été formellement mandatée pour travailler à l’opération, indique à L’Agefi un connaisseur du dossier. L’Etat, à la recherche de 5 à 10 milliards d’euros de cession d’actifs dans les 18 prochains mois, voit d’un bon œil la vente par EDF d’une partie du capital de sa filiale, dont la valeur d’entreprise est estimée à plus de 12 milliards d’euros, en espérant par la suite faire remonter le cash dans les finances publiques via par exemple un dividende exceptionnel d’EDF.

«Mais ce schéma, régulièrement évoqué, est contesté par les syndicats d’EDF, notamment la CGT qui s’oppose à tout ce qui pourrait ressembler à une décapitalisation du groupe», décrypte une source. Jean-Bernard Lévy, le futur PDG d’EDF, pourrait donc temporiser. «La fin du mandat de Dominique Maillard, le président du directoire de RTE, en 2015 milite aussi pour le maintien du statu quo», ajoute cette source.

Quant à ERDF et GRDF, l’Etat devra composer avec les collectivités locales, qui pourraient réclamer leur part du capital. Le réseau public de distribution d’électricité français appartient aux communes qui le confient ensuite à ERDF sous forme de concession. La propriété de GRDF est encore plus complexe, selon une source.

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