Le Premier ministre tente de faire retomber la tension avec les groupes autoroutiers

le 15/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après le feu vert de Bruxelles, Manuel Valls espère trouver un accord final rapidement sur le plan de relance et promet un respect des contrats.

Malgré les idées quotidiennes de la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, pour mettre à contribution les sociétés d’autoroutes afin de compenser l’abandon de l’écotaxe, le plan de relance autoroutier a franchi hier un obstacle important. Prévoyant plus de 3 milliards d’euros d’investissements de la part des concessionnaires en échange d’un allongement de la durée des contrats signés avec l’Etat, le plan a obtenu le feu vert de la Commission européenne. Il avait été soumis aux autorités européennes afin de vérifier qu’il ne contrevient pas aux règles des aides d’Etat.

Le Premier ministre Manuel Valls a indiqué hier vouloir arriver à un accord définitif «dans les prochaines semaines» avec les concessionnaires, une fois réglés les ajustements demandés par Bruxelles et après des réunions de travail programmées entre les sociétés d'autoroute, le ministère des Transports et Bercy. «Je pense que ça peut aller vite, à condition encore une fois qu'on privilégie l'intérêt général», a plaidé Manuel Valls en cherchant à faire retomber la tension avec les concessionnaires d’autoroutes reçus hier à l’Hôtel Matignon, en présence de Ségolène Royal et du secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies.

Silencieux ces derniers jours, les représentants des concessionnaires, dont leur association professionnelle Asfa, n’ont pas fait de commentaire hier à la sortie de leur réunion avec le Premier ministre. Mais en privé, ils ne cachaient pas leur colère contre les déclarations de la ministre de l’Ecologie, annonçant successivement une taxe sur leurs bénéfices puis la gratuité des péages le week-end. «La gratuité des autoroutes, aujourd'hui c'est une question qui n'est pas à l'ordre du jour», a affirmé hier Manuel Valls. Le Premier ministre a ajouté que «la parole de la France évidemment sera honorée, ne sera jamais remise en cause», rappelant que les contrats sont difficilement renégociables. Un article prévoit notamment que toute taxe spécifique au secteur soit compensée par une hausse des tarifs ou un allongement de la durée de vie de la concession.

Le débat n’est pas clos pour autant. «Le Parlement à travers une mission à l'Assemblée nationale sera amené à faire un certain nombre de propositions dans quelques semaines», a rappelé Manuel Valls. Les concessionnaires restent sur le qui-vive.

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