EDF peaufine le financement de son projet de centrale nucléaire au Royaume-Uni

le 15/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le besoin de financement par l’emprunt estimé à 17 milliards de livres pourrait être intégralement assuré par le marché obligataire.

L’approbation donnée la semaine dernière par Bruxelles à la construction de deux réacteurs nucléaires outre-Manche sous la houlette d’EDF va permettre à l’énergéticien français de se concentrer sur le financement de ce projet d’envergure. Si le coût de construction de cette centrale de Hinkley Point est estimé à 24,5 milliards de livres (environ 31 milliards d’euros), le besoin de financement par l’emprunt s’élèvera à 17 milliards de livres.

Ce montant pourrait être intégralement levé sur le marché obligataire, avec la garantie du gouvernement dans le cadre de son programme ‘Infrastructure UK’. «L’émission d’obligations assortie d’une garantie de l’Etat britannique servira de référence dans le secteur nucléaire», commente Kevin Magner, spécialiste du financement de projets d’infrastructure chez Deloitte à Londres.

Jugeant que la prime de garantie initiale payable au Trésor britannique était trop basse compte tenu du profit de risque élevé du projet, la Commission européenne a sensiblement relevé le coût de cette garantie financière qui doit être acquittée «à des conditions de marché». Cette hausse réduira de plus d’un milliard de livres le montant de la subvention accordée à l’exploitant. L’introduction d’un mécanisme de partage des profits sur toute la durée du projet (60 ans), au-delà d’un certain niveau de rentabilité, générera en outre des économies supérieures à 1,2 milliard de livres pour une hausse de 1% de la rentabilité du projet, ces gains étant partagés avec les consommateurs.

La mise en œuvre effective de ce projet devra encore surmonter certains obstacles. «Des associations et même certains Etats, notamment l’Autriche, vont contester cette décision de la Commission européenne, craignant qu’elle ne relance le nucléaire en Europe», remarquent les analystes d’Aurel BGC.

Lors du salon international du nucléaire au Bourget, Vincent de Rivaz, directeur général d’EDF Energy, a précisé hier que la construction de cette centrale n'empêchera pas EDF de se lancer dans d'autres projets nucléaires, étant donné que son financement sera effectué hors bilan. Il a ajouté que la décision finale d’investissement sera prise «vers la fin de cette année», après le bouclage des négociations avec les partenaires stratégiques et financiers du projet. Les quatre réacteurs nucléaires actuellement à l'arrêt outre-Manche devraient comme prévu redémarrer entre la fin du mois d'octobre et la fin du mois de décembre.

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