Le PDG de Vivarte ne résistera pas à la restructuration de la dette avec les fonds

le 06/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Marc Lelandais devrait quitter ses fonctions après la finalisation de l'accord, prévue après le 15 octobre, qui donnera le contrôle aux anciens créanciers.

La restructuration de 2 milliards d’euros de dette de Vivarte crée des animosités. Alors qu’il doit être définitivement signé durant la seconde quinzaine d’octobre, l’accord d’échange «dette contre capital» sera ponctué d’un remaniement de la direction, aux mains des anciens créanciers devenus premiers actionnaires du groupe de distribution de prêt-à-porter (La Halle, Kookaï, André…).

L’actuel PDG, Marc Lelandais, qui a mené les discussions de restructuration avec les fonds créanciers, dont Alcentra, Babson, Golden Tree et Oaktree, quittera ses fonctions à la fin du mois, ont indiqué deux sources à L’Agefi, confirmant une information de Capital.

Marc Lelandais devrait être remplacé par Richard Simonin. L’ancien président de la chaîne italienne de parfumeries Limoni, après des passages chez la Redoute, Kenzo et Givenchy, a été nommé directeur général délégué la semaine dernière. Sa nomination a été approuvée par les quatre fonds leaders, même si ces derniers n’entreront au conseil d’administration de Vivarte qu’une fois l’accord de restructuration financière finalisé. Ils bénéficieront de six postes d’administrateurs sur les neuf que compte le conseil. Arnaud Mazière, le PDG de La Halle, première enseigne contributrice aux résultats du groupe, a déjà été remplacé par Thierry Jaugeas, ancien président du directoire de Camaïeu.

Le départ annoncé de Marc Lelandais ne constitue pas une réelle surprise. Il illustre une fois de plus la complexité des relations entre la direction opérationnelle et les créanciers-actionnaires en période de restructuration financière. Olivier Brousse, le PDG de la Saur, n’avait pas résisté lui non plus à la prise de pouvoir des créanciers du numéro trois français des réseaux d’eau. Il avait quitté son poste début 2014 quelques mois après la signature d’un accord prévoyant l’annulation de 900 millions d’euros de dette.

Habitués à acheter de la dette décotée, les fonds vont devoir démontrer leur capacité à assumer leurs nouvelles fonctions d’actionnaires et d’administrateurs, qui plus est dans des situations économiques compliquées. Vivarte se démène depuis deux ans pour tenter de relancer La Halle. La conversion des créances prévoit en parallèle un apport de 500 millions de nouveaux financements pour assurer les investissements.

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