Club Med juge l’offre de Bonomi équitable

le 28/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le conseil a des réserves sur la stratégie. Fosun et Ardian réfléchissent à relever leur offre

Le conseil d’administration du Club Med a jugé équitable le prix de 21 euros par action proposé par Global Resorts. Club Med Ile Maurice © Bruno Van Loocke

Le suspense demeure toujours sur l'avenir du Club Med. Réuni vendredi pour se prononcer sur l’offre de Global Resorts (Andrea Bonomi), le conseil d’administration du groupe de loisirs a jugé le prix de 21 euros par action équitable, et considéré à l’unanimité l’offre conforme aux intérêts des actionnaires. En revanche, il «n’est pas en mesure de confirmer sans réserve la conformité de l’offre aux intérêts de la société» en raison de «certaines déclarations contradictoires» de son initiateur.

Avant même de se prononcer, le conseil a pris acte de plusieurs positions. D’une part, les chefs de village soutiennent l’offre de 17,50 euros par action de Gaillon Invest – le consortium qui réunit Fosun, Ardian, et la direction du Club – et le management actuel. Quant aux membres du comité de cadres de la société, ils ont exprimé des «réserves marquées» sur l’offre de Global Resorts.

D’autre part, dans une lettre Fosun a déclaré «réfléchir sereinement […] aux options envisageables, afin de déterminer l’option qui servira le mieux les intérêts de Fosun et de Club Méditerranée». Et, nouveauté du jour, son partenaire Ardian, qui semblait jusque-là sur la défensive, a déclaré qu’il s’associait à cette réflexion.

Aux termes de la réglementation, Gaillon Invest a la possibilité de déposer une nouvelle surenchère au plus tard cinq jours avant la fin de l’offre de Bonomi. Offre qui devrait clôturer le 11 septembre, selon le calendrier prévisionnel précisé dans la note d’opération.

De quoi accélérer les spéculations sur la valeur. Deux hegde funds sont particulièrement actifs et poursuivent leurs achats de contracts for difference (CFD). Selon les déclarations faites auprès de l’AMF, Polygon Global Partners et Tyrus Capital détenaient jeudi dernier respectivement 2,6 millions et 1,8 million de CFD, soit 8% et 5,7% du capital du groupe de loisirs.

Le cabinet Roland Berger, mandaté par le conseil pour analyser la stratégie proposée par Global Resorts, a jugé les deux projets industriels «très similaires», et estimé que les leviers – insuffisamment exploités par le Club selon Andrea Bonomi – «semblent pertinents d’un point de vue métier», même s’il demeure des interrogations. En revanche, Roland Berger juge peu pertinent et risqué de remettre en cause l’offre all-inclusive, et s’interroge sur la conséquence du partenariat avec Fosun. Surtout, le cabinet de conseil note un «écart substantiel» sur la stratégie de Global Resorts, entre les déclarations publiques et les échanges avec le Club.

Ainsi éclairé, le conseil d’administration estime que certains infléchissements de stratégie prévus par Andrea Bonomi – notamment le changement de partenaire en Chine, la redynamisation de l’offre trois tridents, et l’aménagement de l’offre «tout compris» – pourraient «impacter l’image» du Club.

Si les administrateurs – hormis les quatre membres en conflit d’intérêts (les représentants de Fosun et d’Ardian, et le PDG Henri Giscard d’Estaing), qui n’ont pas participé aux délibérations et au vote du conseil – ont tous jugé l’offre conforme aux intérêts des actionnaires, ils ne se sont pas engagés à apporter leurs titres. Seul CMVT (Caisse des dépôts du Maroc), qui détient 6,6% du capital, a annoncé son intention d’apporter à l’offre la mieux-disante, bien qu’ayant initialement apporté son soutien à l’offre de Gaillon Invest.

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