Albioma se convertit à l’EuroPP pour sa dette corporate

le 12/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le producteur d'électricité a placé 80 millions d'euros d'obligations pour sa dette de holding. Une façon de trouver plus de souplesse dans sa dette projets

En émettant par placement privé la première obligation de son histoire pour refinancer sa dette corporate, Albioma a fait un choix délibéré. Car si le crédit bancaire est de nouveau disponible et concurrentiel, le format EuroPP présentait deux avantages pour l'ex-Séchilienne: une maturité plus longue, 6,5 ans contre 5 ans pour la dette bancaire, et un remboursement in fine plutôt que de l’amortissable.

Le tout dans des conditions de taux tout à fait concurrentielles: les 80 millions d’euros d’obligations d’Albioma portent un coupon de 3,85%.

«Nous sollicitons régulièrement les banques pour le financement de nos projets de centrales électriques. Cette émission nous permet de diversifier nos sources et de rediriger la capacité de financement vers de la dette projets alors que le groupe a engagé un plan d’investissement d’un milliard d’euros d’ici à 2023», explique Julien Gauthier, le directeur financier d’Albioma.

Ces 80 millions d’euros serviront à financer les besoins de la holding, jusqu’à présent couverts par une ligne bancaire qui arrivait à échéance l’an prochain. Chaque projet de centrale biomasse ou solaire restera financé par de la dette ad hoc, sans recours, au niveau de chaque société opérationnelle. Fin 2013, cette dette projets s’élevait à 471 millions d’euros. «L’opération fait le pont entre EuroPP et ‘project bonds’», estime Alain Gallois, responsable mondial de la plate-forme dette de Natixis et de la distribution fixed income. La banque a arrangé l’EuroPP d’Albioma avec CM-CIC.

En parallèle de cet EuroPP, et comme la Compagnie des Alpes l’a fait récemment, Albioma en a profité pour refinancer son crédit revolving, de 40 millions d’euros, non tirés. «La renégociation en parallèle de la ligne de crédit revolving de la holding permet de conserver un lien avec nos banquiers corporate», indique Julien Gauthier. «La documentation bancaire et le prospectus obligataire sont le miroir l’un de l’autre, ce qui aligne les intérêts des deux catégories de prêteurs et facilite les discussions», indique le directeur financier d’Albioma. «Cet alignement a contribué à rassurer les investisseurs alors que la structure de holding d’Albioma est encore relativement rare sur le marché des placements privés et qu’il s’agissait du premier crédit unsecured significatif de la société», ajoute Jean-Philippe Nani, en charge de l'origination obligataire corporate midcap chez Natixis.

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