L’orientation de l’épargne longue vers le capital reste au cœur du débat

le 05/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La première conférence sur le financement des entreprises de L’Agefi est revenue sur ce sujet, «enjeu majeur» selon Ramon Fernandez, directeur général du Trésor

Ramon Fernandez, directeur général du Trésor - Photo : Bloomberg

Les contrats «euro-croissance» et «vie-génération» devraient voir le jour très prochainement. Lors de la première édition de la conférence Financement des entreprises organisée le 4 juin par L’Agefi, Ramon Fernandez, directeur général du Trésor, a indiqué que les textes définitifs permettant le développement des contrats «euro-croissance» et «vie génération» devraient être signés «dans les prochaines semaines», de façon «imminente». Ils doivent permettre aux assureurs et aux particuliers d’accorder une plus grande place aux actions dans leurs portefeuilles.

«Il n’y a pas de financement sans capacité de financement qui est, in fine, l’épargne des ménages. Son orientation constitue un enjeu décisif», certainement «le plus important», a insisté Ramon Fernandez, qui quittera prochainement ses fonctions pour prendre la direction financière d’Orange. Accorder un rôle plus important à l’«épargne longue» en France permettrait selon lui de «faire émerger un modèle plus résilient».

La question de l’orientation de l’épargne des Français vers le financement des entreprises est revenue à plusieurs reprises au cours des débats. Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel, a par exemple appelé à la création de véritable fonds de pension français en mesure d'apporter des ressources à long terme. Une position qui rappelle les récentes déclarations d’Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie, sur la plus grande implication des assureurs dans le financement en capital des entreprises, en plus des différentes initiatives prises dernièrement pour encourager l’investissement en dette (Euro PP, fonds Novo de prêts à l'économie, réforme du Code des assurances et bientôt de la mutualité…).

Face à ce mouvement de désintermédiation, Ramon Fernandez a assuré que l’ambition du gouvernement n’est pas «de transformer notre modèle de financement pour en adopter un autre, plus à la mode ailleurs» mais «d’accompagner ces évolutions». Les entreprises elles-mêmes poussent cette recherche de financements innovants, notamment pour répondre aux besoins mal couverts par les banques, que ce soit à l'étranger ou pour la gestion des opérations courantes.

A lire aussi