Le renouveau des IPO à Paris fait la part belle aux sociétés de croissance

le 14/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les contraintes de rigueur et de transparence liées à une cotation permettent d’optimiser l’organisation et le financement des PME-ETI

Le dynamisme retrouvé des introductions en Bourse (IPO) depuis l’automne dernier en Europe a permis à de nombreuses entreprises d’élargir leurs sources de financement. La banque d’investissement Bryan Garnier, qui organisait hier une conférence sur ce sujet, a rappelé que «les marchés européens ont accueilli au cours du premier trimestre une soixantaine d’entreprises nouvellement cotées, qui ont levé au total plus de 10 milliards d’euros.»

Euronext Paris se distingue par l’accélération des IPO émanant de sociétés de croissance, puisqu’une douzaine d’entre elles y ont levé 300 millions d’euros au premier trimestre, soit un bond de près de 80% en nombre et de 300% en valeur par rapport à la même période de l’an dernier. La forte représentation des sociétés de technologie médicale ou de biotechnologie fait du marché parisien la place de référence en Europe pour les valeurs de la santé.

Eric Forest, président d’Enternext, souligne que «16 sociétés ont été introduites en Bourse depuis le 1er janvier 2014» sur ce marché dédié aux PME et ETI européennes, sur lequel «elles ont levé 435 millions d’euros». Il anticipe sur le premier semestre un nombre d’IPO supérieur à celui de l’ensemble de l’année écoulée sur ce segment de marché.

Les contraintes liées à la préparation d’une IPO, qui prend en moyenne entre 3 et 6 mois pour une cotation sur Euronext, peuvent avoir un effet vertueux sur l’entreprise de taille moyenne, «en l’obligeant à plus de rigueur et de transparence dans la définition de ses relations contractuelles ou sa stratégie de financement», relève de son côté Laurent Bensaid, associé du cabinet Hoche Avocats. Sa gouvernance devra également être révisée avec la nomination d’administrateurs indépendants, comme le préconise le code Afep-Medef.

Alors que sur l’ensemble de l’Europe, 26% des entreprises nouvellement cotées étaient issues des portefeuilles du capital-investissement au premier trimestre, cette proportion atteint près de 70% sur le marché parisien. Contrairement à une cession industrielle, une mise en Bourse permettra à des investisseurs financiers de prendre part à la création de valeur future de l’entreprise, tout en organisant la liquidité du titre via des émissions secondaires. En cas d’OPA ultérieure, la transaction sera facilitée par l’existence d’un référentiel de valorisation plus clair que dans le cas d’une société non cotée.

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