Microsoft enregistre les premiers effets positifs de sa réorientation stratégique

le 25/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’adaptation de ses produits au «cloud computing» a permis au géant américain d’être moins affecté par la baisse du marché des PC

La saison des résultats semble plutôt favorable aux géants technologiques américains. Bien qu’il ne puisse se comparer au distributeur en ligne Amazon qui a vu son chiffre d’affaires et son bénéfice net grimper de respectivement 23% et 31,7% à fin mars, Microsoft a cependant publié hier soir des résultats trimestriels meilleurs que prévu, tirant parti des premiers effets positifs de sa réorientation vers le cloud computing (informatique dans les nuages).

Un mouvement accéléré depuis le début du mois de février par son nouveau directeur général Satya Nadella, qui a réorganisé les équipes dirigeantes dans le domaine du marketing, des consoles de jeux (Xbox), des PC ou de la R&D. Il a notamment poussé le groupe à adapter ses logiciels à des systèmes d’exploitation concurrents, ce qui s’est traduit par la sortie d’une version de sa suite bureautique Office destinée à l’iPad commercialisé par Apple.

Sur son troisième trimestre fiscal clos le 31 mars, le chiffre d’affaires consolidé du leader mondial des logiciels s’est légèrement tassé (-0,4%) à 20,4 milliards de dollars (14,8 milliards d’euros), un niveau conforme au consensus. Les revenus différés, qui proviennent de ventes pluriannuelles, se sont élevés à 19,5 milliards de dollars, soit 1 milliard de plus qu’attendu. Si le bénéfice net a reculé de 7% à 5,66 milliards de dollars, soit 68 cents par action, ce résultat est supérieur de 8% aux 63 cents attendus en moyenne par les analystes.

Les outils basés sur le web, qui concernent Windows Office ou les services «Azure» de cloud computing, ont permis au groupe américain de compenser en grande partie une demande structurellement en baisse pour les PC. Ce marché a reculé de 1,7% entre janvier et mars, selon le cabinet Gartner, contre une chute de 6,9% au trimestre précédent. A cela s’ajoute jusqu’ici l’absence d’une position concurrentielle suffisante dans les tablettes ou les smartphones. La taille critique de Microsoft devrait toutefois fortement augmenter sur ce dernier segment avec la finalisation du rachat des terminaux mobiles du finlandais Nokia, attendue aujourd’hui.

«Le cloud computing continue d’être un pilier de développement du groupe», commente Daniel Ives, analyste chez FBR Capital Markets, en estimant que le groupe a encore du chemin à faire avant de retrouver un rythme de croissance à deux chiffres de ses bénéfices.

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