Les actionnaires de Veolia renouvellent leur confiance à Antoine Frérot

le 25/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PDG du groupe de services aux collectivités est reconduit à 96,23% pour un mandat de quatre ans. Sa rémunération est approuvée à 93,58%

Plébiscite pour Antoine Frérot. Après des mois de guerre intestine, les actionnaires de Veolia Environnement ont renouvelé à 96,23% le mandat d’administrateur de leur PDG pour quatre années supplémentaires. Ils ont également approuvé à 93,58% sa rémunération.

Cet épisode de déstabilisation «est désormais derrière nous. Je considère avoir les moyens de gouverner Veolia», avait déclaré Antoine Frérot un peu plus tôt au cours de l’AG.

Pourtant, rien n’était gagné. Fin février, les trois principaux actionnaires de Veolia, la Caisse des dépôts (8,9% du capital), le Groupe industriel Marcel Dassault (6%) et Groupama (5,2%) se sont abstenus lorsque le conseil d’administration du groupe de services aux collectivités a renouvelé son président. David Azéma, directeur général de l’Agence des participations de l’Etat, avait même été pressenti pour remplacer Antoine Frérot, même si l’intéressé avait affirmé ne pas être candidat. Si la CDC a fait volte-face en annonçant début avril qu’elle voterait le renouvellement du mandat d’Antoine Frérot, la holding de la famille Dassault a décidé fin mars de quitter le conseil de Veolia, sans pour autant exprimer son souhait de céder sa participation.

Antoine Frérot aura pu bénéficier du soutien de Colette Neuville. Une fois n’est pas coutume, la présidente de l’Adam s’est fendue d’une lettre aux principaux actionnaires pour défendre le patron de Veolia. Elle s’adressait également indirectement aux agences de conseil en vote, qui s’opposent assez systématiquement à l’absence de dissociation des fonctions de président et de directeur général. «Si la séparation des pouvoirs paraît de bonne gouvernance, encore faut-il choisir le bon moment pour l’instaurer», précisait Colette Neuville, estimant que la réalisation du plan de transformation serait compromise par une séparation des pouvoirs maintenant, et que face aux pressions très fortes pour faire supporter à Veolia le financement de la SNCM, un homme fort est nécessaire. Antoine Frérot a rappelé hier que Veolia ne mettrait pas d’argent dans la SNCM tant qu’une solution viable ne sera pas trouvée.

La présidente de l’Adam a su être convaincante, puisque ISS, particulièrement écouté par les actionnaires anglo-saxons a recommandé, malgré ses règles, de soutenir le PDG en place. En revanche, Proxinvest a recommandé de voter contre le renouvellement d’Antoine Frérot…mais n’a pas été suivi.

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