Les objectifs de rentabilité à moyen terme de Thales déçoivent les investisseurs

le 11/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Désireux de croître sur les marchés civils et émergents, le groupe prévoit une hausse de 150 à 200 pb de sa marge opérationnelle d’ici 4 à 5 ans

Le discours prudent de Thales à l’occasion de sa journée dédiée aux investisseurs a fait chuter l’action de 2,9% à 47,9 euros hier. L’équipementier industriel français a annoncé qu’il visait une marge opérationnelle ajustée (Ebita) comprise entre 9,5 à 10% à l’horizon 2017-2018, contre 8% en 2013. Ce chiffre est calculé sur la base de la nouvelle norme comptable IFRS 11, qui aboutit à une déconsolidation du chiffre d’affaires provenant des coentreprises.

Le groupe avait publié en février une marge opérationnelle de 7,1% pour l’exercice 2013, avant prise en compte de la norme IFRS 11, en ajoutant qu’il tablait sur un niveau proche de 10% pour 2014. Le PDG Jean-Bernard Lévy misait alors sur une nouvelle progression par la suite, permettant au groupe de «se rapprocher de ses pairs» du secteur.

La progression de 150 à 200 points de base (pb) de la rentabilité opérationnelle désormais attendue est «une prévision à toute épreuve, quelle que soit l'évolution des marchés», a assuré le directeur financier Pascal Bouchiat. Il s'est cependant gardé d’un trop grand optimisme, expliquant qu'une hausse des commandes entrainerait des investissements supplémentaires. Le taux de distribution du dividende (35% en 2013 contre 30% au titre de 2012) devrait de son côté rester stable au cours des prochaines années. Les analystes de JPMorgan, qui anticipent une rentabilité opérationnelle de 10,4%, soulignent que «l’objectif de marge fixé par Thales est susceptible d’être battu s’il parvient à faire croître son chiffre d’affaires».

Jean-Bernard Lévy n’a pas souhaité dévoiler les «divers scénarios internes» afférent au potentiel de développement du groupe, dont 40% du chiffre d'affaires est encore issu d'activités militaires situées dans des pays matures, affectées par le repli des dépenses publiques. Il a précisé que les principaux gisements de croissance viendraient des marchés civils et des pays émergents. «Si nous avons des opportunités, nous essaierons d'accélérer notre profil de croissance pour nous développer davantage dans les marchés civils et les émergents», a-t-il avancé dans une présentation diffusée sur internet.

«Thales est maintenant plus explicite sur sa volonté de croissance externe à moyen terme, mais sans donner d’indication sur une transaction à brève échéance», relève le bureau d’analyse de Kepler Cheuvreux en jugeant le message du groupe cohérent.

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