La vente de SFR entre dans sa phase de vérité

le 02/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La période d'exclusivité avec Numericable s'éteint vendredi. Bouygues pousse le conseil de Vivendi à rouvrir sa réflexion au-delà de cette date

SFR est valorisé à respectivement 17,5 et 17,4 milliards par les offres de Numericable et de Bouygues. Photo Bloomberg.

Surenchère, calendrier prolongé, indemnité de rupture… Bouygues se démène pour arracher SFR des mains de Numericable alors que les négociations exclusives entre le câblo-opérateur et Vivendi s’achèvent vendredi. Pour tenter d’instiller un peu plus le doute dans l’esprit du conseil de surveillance du groupe de médias, Bouygues a prolongé du 8 au 25 avril la validité de son offre sur SFR, laissant à Vivendi plus de temps si les négociations exclusives avec Numericable ne devaient pas aboutir vendredi.

«Bouygues souhaite permettre à Vivendi de procéder de façon sereine et approfondie à l'examen de son offre et aux échanges que requiert une opération aussi importante», explique le groupe.

L’entourage de Numericable s’étonne de cette prolongation. «Devant l’insistance de Bouygues, Vivendi a pris connaissance de son offre modifiée la semaine dernière. Pourquoi aurait-il besoin de jours supplémentaires?», indique une source. Pour une autre, ce report vise à permettre à Bouygues de trouver les soutiens nécessaires pour financer le relèvement de la part en numéraire offerte à Vivendi. Sur les 1,85 milliard d’euros ajoutés le 20 mars par Bouygues, 300 millions sont apportés par la Caisse des dépôts, 150 millions par François Pinault et 100 millions par la famille Decaux. Restent donc 1,3 milliard d’euros que le groupe de construction prendrait à sa charge au risque de devoir supporter une dégradation de sa note de crédit. Plusieurs fonds d’investissement ont été approchés pour aider au montage.

Selon Exane BNP Paribas, les offres de Numericable et de Bouygues sont aujourd’hui très proches, avec une valorisation implicite de SFR de 17,5 milliards d’euros pour la première et de 17,4 milliards pour la seconde, en prenant dans les deux cas 10 milliards d’euros de synergies. Compte tenu d’un risque concurrentiel plus élevé, reconnu par la mise en place d’une indemnité de 500 millions d’euros payés à Vivendi en cas d’échec de l’opération, Bouygues pourrait être tenté de rallonger encore la part en numéraire. En impliquant de nouveaux investisseurs, à hauteur de 5% du futur ensemble, Bouygues ajouterait 1 milliard d’euros soit 2,4 milliards de plus que Numericable, calcule Exane BNP Paribas, et mettrait son concurrent K.-O..

Numericable se dit serein. Il dispose toujours de l’avantage de l’exclusivité qui lui donne le temps de répondre, point par point, aux différents termes du document signé par le conseil de surveillance de Vivendi.

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