Le nouveau modèle de Nokia n'a pas fait disparaître tous les doutes

le 24/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Recentré sur sa division d'équipements pour opérateurs, le groupe va sacrifier une partie de sa marge pour rester dans la course

Nokia change de vie mais pas de mauvaises habitudes. Pour sa première publication de résultats depuis l’annonce, fin 2013, du projet de cession de sa division de téléphones mobiles à Microsoft, le groupe finlandais a de nouveau déçu. Le cours de l'action a chuté de 10,66% à 5,11 euros.

D’une part, aucune indication n’a été donnée sur l’usage des 5,4 milliards d’euros que Nokia va percevoir de la vente de ses téléphones mobiles, et notamment sur une reprise possible du dividende, suspendu l'an dernier pour la première fois en 148 ans d'existence de la société. La direction a rappelé qu’elle se prononcerait sur cette question après le bouclage de l’opération avec Microsoft, attendu dans le courant du premier trimestre 2014. D’autre part, les résultats de la division d’équipements pour les opérateurs de télécoms, Nokia Solutions and Networks, le cœur du métier du groupe finlandais désormais, sont moins prometteurs qu’espéré.

Au quatrième trimestre, le chiffre d’affaires de NSN a chuté de 22% à 3,1 milliards d'euros et sa marge d’exploitation est revenue à 11,2% contre 14,4% un an plus tôt. La division est rentable depuis 2012 au prix de violentes restructurations, avec la suppression de 21.000 postes, soit plus d’un quart des effectifs de la société. Mais elle doit maintenant regagner des contrats et du chiffre d’affaires face à une concurrence renforcée de la part d’Ericsson, le numéro un mondial, et du chinois Huawei qui talonne NSN.

Le directeur général de NSN, Rajeev Suri, qui pourrait prendre la tête du nouveau groupe une fois la cession des téléphones mobiles entérinée, a indiqué que ce redressement devrait être facilité par le gain de récents contrats, auprès de l’américain Sprint ou de China Mobile. Cette recherche de croissance va peser sur la marge d’exploitation. Pour le premier trimestre 2014, NSN prévoit un taux d’environ 5%, avec une marge d’erreur élevée de plus ou moins quatre points. Pour l'ensemble de l'année, elle devrait s’établir entre 5% à 10%, soit, dans le meilleur des cas, guère mieux que les 9,7% dégagés en 2013.

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