Les banques veulent démocratiser les émissions de «green bonds»

le 13/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BoA, Citi, CA CIB, JPMorgan et Morgan Stanley publient un cadre destiné à accélérer le développement de ce jeune marché obligataire

Les banques veulent démocratiser les émissions de «green bonds» - Photo : Fotolia

Les «green bonds» ont eux aussi leur charte. BoA, Citi, Crédit Agricole CIB, JPMorgan et Morgan Stanley publient ce matin les résultats des réflexions engagées à la sortie de l’été 2013 afin de définir une forme de standard pour ce marché naissant des obligations vertes, des titres émis dans le but de financer des projets définis censés apporter un bénéfice environnemental ou social. EDF a par exemple placé, fin 2013, 1,4 milliard d’euros destinés à financer une partie des investissements de sa filiale d’énergies renouvelables.

«Le document fixe des lignes directrices, précises mais relativement flexibles afin de s’adapter à tous les types d’émetteurs, supranationaux, publics ou corporates. Une gouvernance de marché sera également mise en place dans le courant de l’année afin de suivre l’évolution et d’apporter éventuellement des améliorations. Elle sera ouverte aux investisseurs, aux émetteurs, aux universitaires ou aux ONG», explique à L’Agefi, Tanguy Claquin, responsable sustainable banking chez CA CIB.

Ce type d’émission n’est pas nouveau mais il est essentiellement dominé par les émetteurs publics ou supranationaux. La région Ile-de-France y a eu recours et la Banque européenne d’investissement ainsi que la Banque mondiale ont déjà émis leurs propres green bonds. Mais l’initiative des banques vise à homogénéiser les pratiques notamment pour rassurer les émetteurs et les inciter à se lancer sur ce marché.

«Le marché des green bonds reste petit par rapport aux actifs sous gestion qui tiennent compte de critères sociaux et environnementaux, dont les encours mondiaux représentent près de 12.000 milliards de dollars avec près de la moitié sous formats obligataires. En effet, les green bonds sont aujourd’hui surtout contraints par un manque d’offre», indique Tanguy Claquin.

Le document doit également conforter les investisseurs, légitimement inquiets de l’usage des fonds par l'émetteur. Le cadre prévoit ainsi que les projets à financer soient précisément décrits, que soit expliquée la façon dont les fonds seront placés entre le moment où ils sont émis et celui où ils seront employés, que le reporting financier du projet soit encadré et que l’émetteur s’appuie, éventuellement, sur la certification d’une agence spécialisée.

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