Le marché voit bien des avantages à une alliance entre Alcatel-Lucent et NSN

le 27/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En cédant ses équipements pour réseaux mobiles, le français se concentrerait sur ses activités rentables. Le finlandais renforcerait son point fort

Le rachat par Microsoft de la division téléphones mobiles de Nokia va accélérer la reconfiguration du secteur des équipementiers en télécoms. Le groupe finlandais, désormais concentré sur les actifs de Nokia Siemens Networks (NSN), réfléchit à une alliance avec Alcatel-Lucent, ont indiqué plusieurs sources à Bloomberg, confirmant les informations de Reuters. Les deux groupes ne font aucun commentaire.

Il y a quatre ans, la rumeur d’un rapprochement entre NSN et Alcatel-Lucent avait déjà circulé. Mais les difficultés des deux groupes empêchaient l'opération. Aujourd’hui, si Alcatel-Lucent reste dans une situation fragile, NSN va mieux. Après un violent plan de restructuration, marqué par 20.000 suppressions de postes et la cession de nombreux actifs (accès fixes, wimax, réseaux optiques…), l’équipementier a dégagé une marge d’exploitation de 11,8% au deuxième trimestre 2013. La cession à Microsoft des téléphones lui procurera une trésorerie nette de près de 8 milliards d’euros, de quoi permettre de nombreux schémas de rapprochement.

D’un point de vue industriel, la reprise de la téléphonie mobile d’Alcatel-Lucent paraît pertinente pour NSN qui a fait de cette activité sa priorité. Distancé par le chinois Huawei pour la deuxième place mondiale, le finlandais reprendrait l’avantage avec une part de marché de 32% dans les équipements mobiles, contre 36% pour Ericsson et 22% pour Huawei, estime Morgan Stanley. Cela lui permettrait aussi de combler son retard aux Etats-Unis, marché dominé par Alcatel-Lucent et Ericsson, et équilibrerait son portefeuille actuellement très orienté vers l’Asie. Seul le coût d'intégration pourrait rebuter NSN. Morgan Stanley estime que l'opération nécessiterait 2 milliards d'euros de charges à ajouter aux 700 millions de consommation de cash en trois ans.

De son côté, Alcatel-Lucent se séparerait d’une activité qu’il n'arrive pas à rentabiliser. Selon Oddo Securities, qui estime la valeur de la division à 1,2 milliard d'euros, la déconsolidation de cette division «ferait passer la marge opérationnelle du groupe de 1% à 5,5% en 2013 et de 3,8% à 9,2% en 2014». Elle écarterait également le besoin d'une augmentation de capital. Le groupe dirigé par Michel Combes pourrait ainsi se concentrer sur les équipements pour les réseaux fixes et les routeurs IP, un dernier domaine rentable  sur lequel Alcatel-Lucent grignote chaque année des parts de marché sur Cisco.

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