Icade s'appuie pour la première fois sur le marché obligataire

le 25/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La filiale de la Caisse des dépôts a émis pour 800 millions d'euros d'obligations afin de refinancer une dette essentiellement bancaire jusque-là

Illustration: PHB

Sept ans après son introduction en Bourse, Icade se lance sur le marché obligataire. La foncière a émis hier 800 millions d’euros, en deux tranches. La première d’un montant de 500 millions d’euros, porte un coupon de 2,25% avec une maturité au 30 janvier 2019. Les titres ont été placés à 100 points de base au-dessus des taux midswaps et offrent un rendement global de 2,34%. La seconde tranche, plus longue de quatre ans et demi, porte sur 300 millions d’euros, avec un coupon de 3,375%. Le spread ressort à 135 points de base pour un rendement global de 3,498%. L’opération était dirigée par le Crédit Agricole, HSBC, Natixis et la Société Générale.

Les 700 millions d’euros de fonds propres levés lors de la mise en Bourse de 2006 avaient totalement désendetté Icade. Depuis, les différentes acquisitions avaient été financées par du crédit bancaire syndiqué et par l’appel à des partenaires financiers, notamment assureurs. Allianz a ainsi accordé un prêt de 200 millions d’euros à Icade en début d’année.

Fin juin 2013, le groupe affichait 2,66 milliards d’euros de dette nette, avec une durée moyenne de 4,3 ans et un coût de 3,84%. L’émission d’hier permet de refinancer certaines lignes bancaires, de diversifier les sources de financement et d’allonger la maturité moyenne de la dette. Elle redonne également plus de souplesse à Icade après la prise de contrôle de Silic, détenue à 93% aujourd'hui. L’objectif de la foncière vise à maintenir son ratio «loan to value» autour de 40%. Il était de 39,5% à la fin du premier semestre.

Des cessions d’actifs, dans le commercial, la logistique ou le résidentiel en France, mais aussi en Allemagne, contribueront à contenir l’endettement. Dans le même temps, Icade compte accélérer le déploiement de son portefeuille d’actifs dans les cliniques, via sa filiale dédiée Icade Santé. Le groupe vise entre 100 et 200 millions d’euros d’acquisitions dans ce domaine chaque année.

La réussite de ce financement et l’aboutissement de l’interminable offre sur Silic pourraient inciter la Caisse des dépôts à alléger sa part au capital, une hypothèse régulièrement avancée. Avec une participation indirecte de 40%, la Caisse est le premier actionnaire de la foncière.

A lire aussi