Les «utilities» plaident pour une communauté européenne de l'énergie

le 11/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Face à l'urgence de la situation économique du secteur, neuf des plus grands groupes européens proposent une série de réformes

Les «utilities» européennes sonnent l’alerte. Les dirigeants de neuf des plus grands groupes d’électricité et de gaz européens (Enel, Eni, E.On, Gas Natural, GasTerra, GDF Suez, Iberdrola, RWE et Vattenfall) ont fait part de leurs inquiétudes sur la situation du marché de l’énergie devant le Parlement européen hier. «Les efforts des énergéticiens pour réaliser les indispensables investissements dans le secteur ont été entravés par l’incertitude sur la rentabilité de ces investissements en raison notamment de l’absence de cadre politique clair, prévisible et objectif», se plaignent les dirigeants, représentés hier par Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, et par Paolo Scaroni, son alter ego chez Eni.

Pénalisées par la diminution de la consommation d’énergie, en raison de la crise mais aussi de la concurrence des énergies renouvelables, et par la baisse des prix qui favorise le charbon par exemple, les utilities européennes ont réduit de 30% leurs investissements de croissance entre fin 2008 et fin 2013, soit un montant de 13 milliards d’euros, selon les estimations de Morgan Stanley. A cela s’ajoutent les 7,8 milliards d’euros de mesures d’économies opérationnelles annoncées ces derniers mois, soit 9% de leur Ebitda estimé pour 2013.

Une cure d’austérité drastique destinée à restaurer la génération de cash-flows. Mis à part 2010, chaque année depuis 2008 s’est soldée par un cash-flow sectoriel négatif. En cumulé, en six ans, le secteur a essuyé un peu plus de 100 milliards d’euros de cash-flows nets négatifs. Selon ces groupes d’énergie, plus de 30.000 MW de capacités gazières, soit 30 centrales nucléaires, ont dû être fermées ou mises sous cocon ces dernières années faute de rentabilité.

Face à «l’urgence» de la situation évoquée par Gérard Mestrallet, les dirigeants ont appelé hier de leur vœu la création d’une «communauté européenne de l’énergie». Dans leur viseur notamment, les énergies renouvelables, soutenues par des aides publiques. Les utilities proposent par exemple un ajustement des subventions publiques à la production d’électricité renouvelable afin de refléter les besoins réels du marché. Une autre proposition vise à relancer le marché européen du carbone.

Le lobbying ne fait que commencer et s’annonce intense en prévisions des Conseils européens de février et mars 2014 qui doivent aborder les questions de l’énergie.

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