Vodafone bouscule les lignes dans les télécoms

le 30/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Annoncée à 130 milliards de dollars, l'opération nourrit la vague de fusions dans le secteur

Vodafone

Déjà détenteur du titre de la plus grosse OPA de tous les temps, 180 milliards de dollars sur l’allemand Mannesmann en 2000, Vodafone va aussi monter sur la troisième marche du podium, côté vendeur cette fois. Le britannique négocie officiellement avec Verizon pour lui revendre sa part de 45% au capital de leur opérateur mobile commun, Verizon Wireless. La transaction pourrait être signée la semaine prochaine pour une valeur totale estimée à 130 milliards de dollars. De quoi donner à Vodafone les moyens d’accélérer son offensive en Europe.

En considérant une taxation de 15% sur le montant de la transaction, Vodafone pourrait percevoir au bout du compte environ 110 milliards de dollars. La somme représente 120% de la capitalisation boursière du britannique avant que celle-ci n’augmente de 8% hier à 99 milliards de livres. Avec la moitié de cette somme, le groupe pourrait se payer Orange, Vivendi, Bouygues et Iliad, soit la totalité du marché français des télécoms. Sorti du marché français en 2011, avec la cession à Vivendi de ses 44% dans SFR, Vodafone ne nourrit pas l’ambition d’y revenir à court terme. Et s'il le souhaitait, l’accord avec Vivendi contient de toute façon une clause de non-concurrence en France valable jusque dans le courant de 2014.

En revanche, Vodafone cherche activement à réaffirmer ses positions ailleurs en Europe. En Allemagne, l’opérateur a lancé une OPA sur le câblo-opérateur Kabel Deutschland pour un montant de 7,7 milliards d’euros. Objectif: créer une offre intégrée, mobile, fixe et télévision, en rapprochant le câblo de Vodafone Germany, numéro deux du marché allemand derrière Deutsche Telekom. Une concentration rendue encore plus nécessaire avec le projet de fusion annoncé cet été entre Telefonica Deutschland et E-Plus, les numéros trois et quatre du marché.

Vodafone pourrait appliquer la même stratégie en Italie. Sa position de numéro deux derrière Telecom Italia, et les conséquences sur la consommation de la récession italienne, ont fragilisé son opérateur. La rumeur prêtait ainsi récemment à Vodafone des vues sur Fastweb, le principal opérateur de très haut débit fixe italien. Swisscom, son propriétaire depuis 2007, aurait déjà repoussé plusieurs approches. Les nouveaux moyens de Vodafone pourraient le faire changer d’avis. Avec ces fonds, le britannique pourrait également répondre plus vivement encore à l’offensive sur son propre sol de l’américain Liberty Global, en passe de racheter Virgin Media.

La conclusion de la transaction avec Verizon viendra ainsi nourrir le mouvement de concentration du secteur des télécoms, déjà à un niveau record à mi-année depuis 2006 avec près de 100 milliards de dollars annoncés. Aux Etats-Unis, mis à part le numéro un AT&T, tous les autres opérateurs auront connu cette année un bouleversement à leur capital: Verizon Wireless, mais aussi Sprint, en passe d’être racheté par le japonais Softbank, et MetroPCS qui a fusionné avec la filiale américaine de Deutsche Telekom. En Europe, en plus des opérations en Allemagne, le néerlandais KPN est en train de passer sous la coupe du sud-américain America Movil, devenu également actionnaire de Telekom Austria. En Italie, le numéro trois du secteur Wind est également sur les tablettes de plusieurs prédateurs.

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