Pernod Ricard mise sur la croissance dans les émergents et aux Etats-Unis

le 30/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe pourrait envisager un retour aux actionnaires si son ratio dette nette sur Ebitda tombait sous 3, contre 3,5 fin juin 2013

Confiant, Pernod Ricard promet une nouvelle année de croissance, mais ne dévoilera ses objectifs que le 24 octobre prochain. Sur son exercice clos fin juin, le groupe de spiritueux a enregistré une hausse interne de 6% de son résultat opérationnel courant (ROC), conformément à son objectif, augmentant sa marge opérationnelle de 42 points de base à 26%. Les marchés émergents (41% des ventes et 44% du ROC) continuent à tirer la croissance des ventes (+10%), malgré le ralentissement de la Chine, tout comme les Etats-Unis (+9%). En revanche, l’Europe du Sud et la France continuent à souffrir.

Si Pernod Ricard table sur une croissance économique globalement comparable à celle de 2012/13, «compte tenu de la forte croissance chinoise au premier semestre 2012/13, nous aurons une base de comparaison défavorable sur le premier semestre 2013/14», prévient Gilles Bogaert, directeur financier de Pernod Ricard.

La dette nette recule de 635 millions à 8,7 milliards d’euros fin juin 2013, soit un ratio dette nette sur Ebitda de 3,5 (contre 3,8 un an plus tôt), un niveau inférieur aux 3,6 de juin 2008 avant l’acquisition de Vin & Sprit (vodka Absolut). «Tant que ce ratio n’est pas inférieur à 3, nous n’avons pas de raison de changer de stratégie d’allocation du capital, explique Gilles Bogaert. En revanche, s’il tombait entre 2,5 et 3, en l’absence d’opportunité d’investissement, nous pourrions potentiellement envisager une politique de retour aux actionnaires, via une hausse du dividende ou des rachats d’actions.»

Pour l'heure, «nous excluons toute opération transformante, le groupe voulant rester solidement en catégorie investissement [BBB- actuellement, ndlr]. Par contre, des acquisitions ciblées, qui pourraient être en théorie de 100 millions ou de 1,5 milliard d’euros, sont envisageables, si elles respectent nos critères de discipline financière, précise Gilles Bogaert. Nous n’avons pas de manque stratégique dans notre portefeuille, mais nous pourrions le compléter par d’autres marques premium en croissance, notamment aux Etats-Unis ou dans les pays émergents.»

Pour le moment, «nous sommes très satisfaits de notre structure de financement, avec une dette brute à 85% en obligations et à 88% à taux fixes, poursuit Gilles Bogaert. Nous n’avons pas besoin de refinancement à court terme avec seulement 900 millions de tombées obligataires jusqu’en décembre 2014.»

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