Bouygues commence à endiguer l'hémorragie de sa filiale de télécoms

le 29/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'Ebitda de Bouygues Telecom s'est très légèrement replié au deuxième trimestre, confirmant l'objectif annuel de stabilisation

Bouygues avait promis en début d’année de stabiliser les résultats de sa filiale de télécoms. Le groupe semble en mesure de tenir sa promesse. Malgré un chiffre d’affaires en baisse de 10% au deuxième trimestre, à 1,05 milliard d’euros, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de Bouygues Telecom ne s’est effrité que de 6 millions d’euros (-2,23%) alors que le recul des ventes lors de trois premiers mois de l’année (-13%) l’avait amputé de 84 millions d’euros (-28%). Bouygues n’est donc plus très loin de son objectif de stabilisation de l’Ebitda de sa filiale de télécoms cette année, autour de 900 millions d’euros.

Un soulagement pour le groupe de construction et pour les investisseurs. Le cours de l'action a bondi de 10,47% à 25,33 euros, en tête du CAC 40. L’an dernier, l’Ebitda Bouygues Telecom avait chuté de 364 millions d’euros au moment où l’opérateur devait payer l’acquisition de nouvelles fréquences pour la téléphonie mobile à très haut débit (4G). Conséquence, Bouygues Telecom avait essuyé une perte nette annuelle de 14 millions d’euros, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le début des années 2000.

«La transformation des modèles économiques se matérialise par de nouveaux équilibres financiers», explique Martin Bouygues, le PDG du groupe. L’arrivée de Free Mobile l’an dernier a bouleversé le système de vente. Aujourd’hui, les opérateurs vendent beaucoup plus d’abonnements sans téléphones mobiles que par le passé, ce qui réduit automatiquement leurs chiffre d’affaires et pèse sur leur Ebitda, le temps pour eux de réduire les coûts commerciaux. Les efforts engagés sur ce plan par le groupe commencent à payer. L’opérateur a réduit de 339 millions d’euros ses charges depuis fin 2011 et pense dépasser son objectif de 400 millions.

Cet équilibre reste néanmoins fragile. Free Mobile envisage de se lancer sur le segment des offres avec téléphones mobiles ce qui, comme le redoutent les analystes d’Oddo, pourrait faire passer le marché «d’une guerre des prix à une guerre des subventions» des téléphones pour conserver ou attirer les clients. Sans compter que les opérateurs pourraient redoubler d'agressivité commerciale pour assurer le lancement de leurs réseaux 4G dont les achats de fréquences à l’Etat leur ont coûté au total plus de 3 milliards d’euros.

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