Les résultats semestriels confortent l’embellie

le 07/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les comptes des groupes européens sont meilleurs que prévu. De quoi soutenir la hausse du marché

Les comptes des groupes européens sont meilleurs que prévu.

Les résultats semestriels des grandes entreprises européennes vont dans le sens des derniers indicateurs annonçant une amorce d’amélioration de l’économie en Europe. A mi-parcours des publications, les dernières statistiques hebdomadaires de Deutsche Bank montrent que 53% des groupes ayant annoncé leurs résultats semestriels ont dévoilé un bénéfice par action supérieur aux attentes. La moyenne à long terme s’élève à 57%. Pour le chiffre d’affaires, la proportion de bonnes surprises atteint même 58%, à seulement un point en dessous de la moyenne historique.

«C’est assez remarquable, selon nous, compte tenu du fait que la croissance économique n’était pas d’un grand soutien, avec une croissance de moins de 2% aux Etats-Unis, la Chine qui continue à ralentir et une grande partie des pays européens en récession», reconnaissent les stratèges actions de HSBC. Cette résistance des marges «rend optimiste pour les résultats de la seconde partie de 2013, quand l’environnement économique deviendra plus favorable», poursuivent les économistes de HSBC.

D’autant que comme le font remarquer leurs confrères chez Morgan Stanley, la base de comparaison sera encore plus favorable au cours des deux prochains trimestres, la fin d’année 2012 ayant été particulièrement éprouvante pour les entreprises. Morgan Stanley attend une croissance moyenne des résultats en Europe de 6% à 12 mois, pour une hausse du PIB de la zone euro de 0,9% en 2014.

Selon la plupart des stratèges, cette tendance à l’amélioration des résultats devrait contribuer à entretenir la hausse des marchés actions européens même si, comme le fait remarquer JPMorgan, «la valorisation des actions n’apparaît pas forcément très attractive, avec un multiple cours sur bénéfices de 11,9 pour les valeurs de la zone euro, comparé à une médiane de long terme de 12,6 fois». Les stratèges rappellent que dans chaque cycle, les multiples ont toujours tendance à repasser au-dessus de leur médiane historique. «Pourquoi cela ne se produirait-il pas aujourd’hui?», interrogent-ils.

En plus de résultats légèrement meilleurs que prévus, deux moteurs devraient mener les marchés européens, toujours en retard par rapport à leurs homologues américains (+8% pour Stoxx 600, +18% pour le S&P 500). D’une part, les entreprises ont fortement augmenté leurs réserves de trésorerie en début d’année.

JPMorgan estime ainsi que les groupes américains, européens (zone euro et Grande-Bretagne) et japonais ont accumulé 400 milliards de dollars de réserves supplémentaires au premier trimestre 2013, un niveau jamais vu depuis la fin de 2010. Et les analystes veulent croire que cette épargne n’est pas que défensive mais servira bien à investir ou à lancer des acquisitions (M&A). Sur ce dernier point, les dernières semaines tendent à leur donner raison. Les M&A impliquant une partie européenne ont atteint 106 milliards de dollars en juillet selon Thomson Reuters, le meilleur mois de l’année.

Second élément positif: la rotation des actifs vers la zone euro et plus particulièrement vers ses actifs plus risqués, donc les actions. JPMorgan note qu’au premier trimestre, les fonds de pension et les assureurs américains, à la recherche de rendement, ont vendu pour 10 milliards de dollars d’obligations et ont dans le même temps renforcé leurs positions sur les actions de 13 milliards.

A lire aussi