Séché Environnement prend à son tour ses pertes sur la Saur

le 23/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe provisionne à hauteur de 156 millions d'euros ses obligations convertibles. Il finit du coup l'année 2012 dans le rouge

Après le Fonds stratégique d’investissement (FSI), Séché Environnement se rend à la réalité sur la Saur, dont il détient 33% du capital. Comme le fonds public, le groupe de recyclage a déprécié la valeur de sa participation dans le numéro trois français de l’eau, en procédure de conciliation en raison de son surendettement.

Séché Environnement a ainsi inscrit dans ses comptes 2012, publiés hier soir, une provision de 156 millions d’euros sur les obligations convertibles qu’il détient chez Hime, la holding de tête de la Saur. Fin juin 2012, ces obligations convertibles, portant 8% d'intérêt et d'échéance avril 2027, étaient encore valorisées 180 millions d'euros. Son investissement initial en 2007 dans ces obligations convertibles s’élevait à 147,4 millions d’euros. Auparavant, la valeur de la part au capital de la Saur avait été fortement dépréciée dans les comptes de Séché Environnement, puisqu’elle était négative à hauteur de 25 millions d'euros à la fin du premier semestre 2012.

L’impact net d’impôt de cette dépréciation sur le résultat net s’établit à -97,7 millions d’euros, précise le groupe de recyclage, ce qui envoie son résultat net annuel dans le rouge à 82,4 millions d’euros. Par ailleurs, Séché Environnement a cessé de prendre en compte sa quote-part dans les pertes de Hime générées à compter du 1er juillet 2012, au niveau de son compte de résultat et dans son bilan, dans la mesure «où ses engagements vis-à-vis de Hime sont limités aux sommes déjà apportées (titres et obligations convertibles)».

La situation du holding de tête de la Saur «a conduit Séché Environnement à s’interroger sur la recouvrabilité de ses actifs engagés dans Hime», explique le groupe qui dit souffrir d’une «faible visibilité, au jour de l’arrêté des comptes 2012, sur le dénouement du processus de restructuration financière».

Hier, soir, le groupe ne faisait toutefois aucune référence à l’offre de refinancement présentée au mandataire ah hoc désigné par le tribunal de commerce pour gérer la conciliation entre créanciers et actionnaires. Constituée d’un apport en fonds propres de 50 à 70 millions d’euros, celle-ci est inférieure aux 200 millions d’euros demandés par la société pour mener à bien son redressement. La direction devrait donner plus d’indications ce matin à l’occasion d’une réunion avec les analystes financiers.

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