Liberty Global confirme l’attrait des câblo-opérateurs européens

le 06/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Très actif en Europe, le groupe américain vise le britannique Virgin Media avec une offre mixte amicale de 11,6 milliards d'euros

John Malone est insatiable. Après les rachats en 2007 et en 2009 des allemands Kabel Baden-Wuerttemberg et Unitymedia, pour un total de 6,7 milliards d'euros, puis la montée fin 2012 au capital du belge Telenet, le premier actionnaire du groupe américain Liberty Global vise aujourd’hui le britannique Virgin Media. Les parties ont publié cette nuit conjointement les termes d’un projet d’offre amicale mixte valorisant le capital de la cible à 11,6 milliards d’euros, un montant porté à 16,9 milliards dette comprise.

Lundi soir, avant l’annonce des discussions entre les deux groupes, Virgin Media capitalisait un peu plus de 6,6 milliards de livres (7,6 milliards d’euros). Mais avec la dette, sa valeur d’entreprise frôlait les 15 milliards d’euros et représente, selon S&P Capital IQ, 7,5 fois son excédent brut d’exploitation 2013. Liberty Global est valorisé pour sa part 9,3 fois son Ebitda tandis que l’allemand Kabel Deutschland affiche un multiple de 10,5.

L’offre mixte représente 30 livres par action Virgin Media aux cours de clôture de mardi soir, un niveau proche des valorisations les plus élevées du secteur selon les analystes de Macquarie. Précisément, les actionnaires recevront par action apportée selon le communiqué commun 17,50 dollars en numéraire, 0,2585 actions Liberty Global de classe A et 0,1928 action Liberty Global de classe C. Hier soir, à la Bourse de Londres, le cours de Virgin Media a terminé à28,89 livresen hausse de 17,30%.

Récemment, les analystes de HSBC estimaient la capacité d’autofinancement de Liberty Global à 11 milliards de dollars. Le groupe de John Malone devra donc faire appel à des ressources extérieures pour payer Virgin Media. Sa dette totale s’élevait à la fin du dernier trimestre à 26,5 milliards de dollars soit, retraitée des 3,3 milliards de dollars de trésorerie, 4,7 fois son Ebitda. Le groupe est noté Ba3 par Moody’s et B+ par S&P.

Le repreneur pourrait toutefois s’appuyer sur la capacité d’endettement de Virgin Media, dont le ratio de levier n’est que de 3,2, pour rembourser une partie de la dette d’acquisition. Malgré la forte compétition à laquelle il se livre avec BSkyB, le numéro un de la télévision payante outre-Manche, le groupe génère près de 500 millions de livres de cash-flows libres par an. Virgin Media avait annoncé en décembre être prêt à consacrer 1,1 milliard de livres en deux ans pour racheter 17% de son capital sur le marché.

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