L’Esma met en garde contre les survaleurs

le 22/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon l'autorité européenne des marchés financiers, les survaleurs s'élevaient à 795 milliards fin 2011

Poids des survaleurs en Europe

En pleine période de consolidation des comptes annuels, l’autorité européenne de régulation des marchés financiers (Esma) demande plus d'efforts en matière d’information sur les dépréciations de survaleurs. Sur un échantillon de 235 entreprises européennes (23 pays), l’autorité a comptabilisé 795 milliards d’euros de survaleurs à fin 2011, dont seulement 5% ont été dépréciés. Ces «impairments» sont imputables pour près de la moitié aux seuls services financiers et pour près d’un quart aux télécoms.

Mais, ce niveau de perte de valeur reflète-t-il «de manière appropriée» le difficile environnement économique s’interroge l’Esma, constatant que les tests utilisés sont généralement standards et non spécifiques à l’entreprise. «Dans de nombreux cas, l’utilisateur des états financiers n’est pas en mesure d’évaluer la fiabilité des hypothèses utilisées, ce qui est l’objectif principal de ces informations», poursuit l’Esma.

Aussi, le régulateur européen sera très attentif à la prise en compte de ces éléments par les émetteurs et par leurs commissaires aux comptes dans les comptes 2012. Il regardera l’amélioration de la rigueur dans les tests de dépréciations, et contrôlera la bonne application d’IAS 36, notamment sur le caractère raisonnable des prévisions de flux de trésorerie, sur les hypothèses clés utilisées dans le test de dépréciation et sur les analyses de sensibilité fournies. Sur les comptes 2011 étudiés, l’Esma estime qu’environ 70% des émetteurs n’ont pas suffisamment détaillé les hypothèses prises, de manière utile pour les investisseurs.

Dans sa recommandation du 16 novembre dernier sur l’arrêté des comptes, l’AMF avait déjà mis l’accent sur les tests de dépréciation sur les actifs non financiers. Le régulateur français constatait que près de la moitié des sociétés du CAC 40 affichaient une capitalisation boursière inférieure aux capitaux propres fin 2011, contre seulement un tiers fin 2010, indiquant «qu’une dépréciation peut être nécessaire et doit donc conduire à la mise en œuvre d’un test de dépréciation». Aussi, l’AMF encourage les émetteurs à davantage communiquer –au-delà du taux d’actualisation et du taux de croissance à l’infini– ne serait-ce que sur des éléments qualitatifs «qui permettent de comprendre comment évoluent les hypothèses opérationnelles sur la durée du plan d’affaires».

Dépréciations survaleurs
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