GDF Suez et E.ON réduisent la voilure face aux surcapacités en Europe

le 16/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux groupes cèdent leur part au capital du slovaque SPP afin de se prémunir un peu plus du déclin de la consommation en Europe

GDF Suez garde la cadence dans les cessions d’actifs. Le groupe d’énergie a vendu sa participation indirecte de 24,5% au capital de l'opérateur gazier slovaque SPP, pour un montant total de 1,3 milliard d’euros, dette incluse. Son partenaire dans le dossier, l’allemand E.ON a également cédé sa part de 24,5%. Elles ont été rachetées par l’électricien tchèque EPH pour un total de 2,6 milliards d'euros.

L’opération était attendue pour le groupe français. Grâce à celle-ci, GDF Suez réduira sa dette de 1,3 milliard d’euros ce qui portera à 5 milliards d’euros son effort de désendettement depuis début 2012. Le producteur d’électricité veut aller plus loin encore. Il s'est fixé comme objectif de réduire sa dette d'un tiers, afin de la ramener à 30 milliards environ à fin 2014 contre près de 45 milliards estimés fin 2012. Au total, 11 milliards d'euros de cessions d'actifs sont ainsi programmées pour 2013 et 2014.

La réussite de ce plan est indispensable. D’une part pour tenir l’engagement pris par Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, de maintenir le montant du dividende à 1,5 euro par action et de le payer intégralement en espèces. Une promesse qui paraît irréaliste pour bon nombre d’analystes car elle suppose que le groupe reverse plus que son bénéfice net attendu sous forme de dividende, ce qui pourrait l’obliger à s’endetter.

Le désinvestissement est également rendu indispensable par la situation du marché européen de l’énergie. GDF Suez, E.ON et les autres grands électriciens européens cherchent à réduire leur activité en Europe où la consommation d’électricité ne cesse de baisser sous l’effet des mesures d’efficacité promues par les autorités et le développement des énergies renouvelables.

Sous ces effets, les analystes d’Exane BNP Paribas soulignent que la corrélation traditionnelle entre croissance économique et consommation d’énergie s’est rompue: sur la période 2009-2010, pour une croissance de 2,81% en Allemagne, France et Benelux, la consommation d’électricité a progressé de 3,6%; entre 2011 et 2012, la consommation d’électricité aura plié de 1,2% contre une croissance du PIB de l’ordre de 0,35%.

Dans ce contexte, les électriciens doivent gérer d’importantes surcapacités. Selon des estimations, la production du parc de centrales à gaz en Europe pourrait baisser de plus de 11% en 2013 après une chute de 15% en 2012.

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