La facture de l'EPR de Flamanville s'alourdit de deux milliards d'euros supplémentaires

le 04/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le coût du projet s'élèvera au total pour EDF à 8,5 milliards d'euros. Le planning est maintenu avec une mise en production prévue en 2016

Un surcoût de plus de 5 milliards d'euros et un retard de mise en service estimé à quatre ans; le projet EPR (european pressurized water reactor) de Flamanville (Manche) est encore loin d'être «l'atout majeur de l'industrie française», tel qu'il était vanté lors de sa mise en chantier en 2007. EDF a révisé de deux milliards d'euros supplémentaires en monnaie constante le coût de ce réacteur de 1.600 MW conçu par Areva. Estimé à quelque 6 milliards d'euros en 2011, contre 3,3 milliards initialement puis 4 milliards d'euros en 2008, il se situe désormais autour de 8,5 milliards d'euros. Depuis 2005, le coût de construction a ainsi augmenté de 160%. Cette dernière annonce a été faite hier après la clôture de la Bourse de Paris.

Parmi les facteurs ayant pesé dans cet alourdissement de la note, EDF cite, outre le caractère «pionnier» du projet, «l'évolution du design de la chaudière, les études d'ingénierie supplémentaires, l'intégration des nouvelles exigences réglementaires, ainsi que les enseignements post-Fukushima». Il évoque également «des dépenses supplémentaires liées à des aléas industriels», telles que le remplacement des 45 consoles et l'impact financier de l'allongement des délais de construction. Le groupe maintient toutefois le calendrier, avec une mise en production des premiers Kwh toujours prévue en 2016.

Par ailleurs, par rapport à la précédente révision remontant à juillet 2011, l'électricien français estime que «des étapes importantes ont été franchies sur l'EPR de Flamanville avec la réalisation de 93% du génie civil et 36% des montages électromécaniques ainsi que la mise en eau du canal d'amenée de la station de pompage début novembre 2012».

Le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, a assuré que cette révision n'affecterait pas les objectifs financiers d'EDF après 2012. Il a également indiqué s'attendre à ce que l'italien Enel, qui détient 12,5% du projet, exerce son droit de sortie. Il s'est également voulu rassurant sur les perspectives de développement outre-Manche, alors que la presse s'est faite l'écho ce week-end des craintes de Centrica, le partenaire d'EDF dans le pays, face au dérapage financier de l'aventure de l'EPR.

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