Frey innove en émettant une «Opirnane» corrélée à la croissance de son ANR

le 19/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La foncière a levé 22 millions d’euros à 10 ans, avec un coupon d’un minimum de 6%. Cette émission pourrait séduire d’autres émetteurs

A l’heure de l’innovation financière pour les PME, Frey ouvre la voie à un nouveau mode de financement. La foncière vient d’émettre des obligations à performance immobilière remboursables en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes (Opirnane). Cette opération, menée par Invest Securities, «est une première en France et permet de bénéficier de la croissance de l’ANR de la foncière, confie Pascal Hadjedj, d’Invest Securities. D’autres émetteurs pourraient manifester leur intérêt pour ce type de financement».

Le spécialiste des parcs commerciaux périurbains a ainsi levé 21,8 millions d’euros à 10 ans. La nouveauté de ce produit structuré, la durée de l’investissement, la faible liquidité de l’obligation, et la courte période de souscription (10 jours) n’ont pas permis d’atteindre l’objectif de 30 millions d’euros. Toutefois une tranche complémentaire pourrait être prochainement lancée, confient des sources proches du dossier.

L’Opirnane, d’un montant nominal de 18,50 euros (soit une prime de 8,25% sur le cours du 26 octobre) offre un coupon annuel brut d’au moins 6%. Il correspondra au montant le plus élevé entre 1,11 euro (soit 6% de rendement) et le dividende versé par la société (qui était de 0,80 euro en 2012). Ayant adopté le régime SIIC, Frey est tenu à distribuer au moins 85% de ses bénéfices.

Spécificité de l’Opirnane, le porteur recevra une prime de remboursement versée à l’échéance corrélée à la croissance de l’actif net réévalué (ANR) du groupe sur la période. Le calcul tiendra compte du taux de rendement interne (TRI) de l’obligation. S’il est inférieur à 9%, le détenteur recevra la totalité de la progression de l’ANR. Entre 9% et 15% il en recevra la moitié, et au-delà de 15%, il en touchera 20%. En 2011, l’ANR a déjà progressé de 50% à 117 millions d’euros, soit 17 euros par action. Et sur le premier semestre 2012, l’ANR a crû de 25%.

Cette opération permet aux deux principaux actionnaires, Jean-Jacques Frey (38% du capital) et Antoine Frey (44,2% du capital), de ne pas se faire diluer et «de lever des fonds sur une durée plus longue que la dette classique, et ainsi perçue comme des fonds propres par les banquiers», confie un analyste.

De plus, «nous voyons cette émission comme une confirmation qu’il y aura très peu de défauts ou de cessions massives forcées chez les petites foncières», note CA Cheuvreux.

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