La cession du réseau de transport de gaz de Total entre dans sa phase active

le 31/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les consortiums candidats à la reprise de TIGF doivent déposer leur lettre d'intention le 16 novembre. L'opération est estimée entre 2 et 2,5 milliards d'euros

Total publie ce matin ses résultats pour le troisième trimestre. Une partie des questions devrait tourner autour du programme de cessions d’actifs annoncé par la direction du groupe pétrolier mi-septembre. Afin de financer son programme d’investissement dans l’exploration-production, la major a prévu de vendre pour 15 à 20 milliards de dollars d’actifs entre 2012 et 2014.

Transport et Infrastructures Gaz France (TIGF), la société qui exploite 14% du réseau français de gazoducs de grand transport et 22% des capacités de stockage de gaz du pays, devrait être l’une des premières cessions. Engagé à la sortie de l’été, le processus de vente est entré dans une phase plus active. Les candidats à la reprise doivent déposer leur lettre d’intention le 16 novembre. Plusieurs consortiums mêlant industriels et investisseurs financiers seront sur les rangs compte tenu de la taille de l’opération, estimée entre 2 et 2,5 milliards d’euros.

TIGF a réalisé 353 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011, dont 207 millions d’euros pour la seule activité de transport de gaz exercée sous le contrôle de la Commission de régulation de l’énergie. Sa base d’actifs régulés est estimée à un peu plus de 1,1 milliard d’euros pour 2013. Lors du rachat en 2011 de 25% du capital de GRTGaz, la filiale de GDF Suez, le consortium formé de CNP Assurances, de la Caisse des dépôts et de CDC Infrastructures avait payé le bloc environ 1,15 fois la base d’actifs régulés.

Ce qui porterait à près de 1,3 milliard d’euros la valeur de la seule activité de transport de gaz de TIGF. En ajoutant l’activité de stockage, la valeur d’entreprise de l’ensemble dépasserait les 2 milliards d’euros, soit 10 fois l’excédent brut d’exploitation 2011 (224 millions d’euros), un multiple conforme à celui payé pour GRTGaz.

Conseillé par la Société Générale, l’espagnol Enagas a confirmé son intérêt pour TIGF hier, alors que le gouvernement français, qui suit attentivement un dossier sensible, pourrait pousser à une solution domestique. Le consortium constitué pour l’ouverture du capital de GRTgaz serait un repreneur tout trouvé mais la somme nécessaire pourrait se révéler trop lourde pour la CDC au regard de ses ressources actuelles.

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