Moody’s doute des capacités de Fiat et de PSA à réduire leurs coûts fixes

le 11/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le nouveau recul attendu du marché automobile européen en 2013 compliquera les efforts des deux constructeurs, dont la note a été dégradée d'un cran

PSA et Fiat sont plus que jamais dans le collimateur de Moody’s. L’agence vient en effet de dégrader d’un cran, de Ba2 à Ba3, la note de crédit des deux groupes, en attribuant de surcroît à celle-ci une perspective négative. Si les explications fournies par Moody’s tiennent compte des particularités de chaque constructeur, cette décision reflète en premier lieu son pessimisme accru sur l’évolution du marché automobile en Europe, ce qui devrait compliquer la tâche des deux groupes pour abaisser leurs coûts fixes et ajuster leur capacité de production.

Moody’s anticipe «un repli de 8% de la demande de véhicules légers en Europe occidentale cette année et un recul supplémentaire de 3% en 2013». Dans ces conditions, les initiatives prises par PSA (lancement de nouveaux produits, cessions d’actifs, augmentation de capital) pour atteindre un cash-flow d’exploitation équilibré dans son pôle automobile d’ici 2014 «pourraient se révéler insuffisantes». Si l’alliance stratégique formée avec General Motors est susceptible de générer des économies à moyen terme, les dépenses induites par sa mise en place «affecteront les résultats de PSA à court terme», ajoute l’agence.

Une nouvelle dégradation serait envisageable si le constructeur français affichait une perte industrielle d’exploitation récurrente de plus de 500 millions en 2013» ou s’il échouait à stabiliser sa part de marché en Europe l’an prochain. La note Baa3 de Banque PSA reste sous surveillance négative, mais «son basculement en catégorie spéculative est désormais imminent», relèvent les analystes crédit de Tullett Prebon.

Concernant Fiat, l’agence souligne que le marché européen des voitures de tourisme représente plus de 60% de son chiffre d’affaires hors Chrysler et que le poids important du marché italien, qui devrait être en recul de 20% cette année, accroît les surcapacités du groupe «malgré la fermeture de son usine en Sicile fin 2011». Soulignant que les créanciers obligataires du constructeur turinois n’ont pas accès à la trésorerie de Chrysler, Moody's prévoit «une nouvelle détérioration des ratios de crédit individuels de Fiat en 2012 et une amélioration sans doute limitée en 2013». Elle pourrait ultérieurement abaisser la note de Fiat «si le cash-flow industriel du groupe hors Chrysler était négatif de plus de deux milliards d'euros cette année et en l’absence d’amélioration significative en 2013».

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