Rusal affiche une perte trimestrielle après une dépréciation d’actifs en Guinée

le 27/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe d’aluminium russe a annoncé cette nuit une baisse de 275.000 tonnes de sa production dans 4 fonderies russes d’ici à 2018

Rusal a complété cette nuit la longue liste des groupes industriels affectés par la baisse du cours des matières premières. Même si la performance opérationnelle du premier producteur mondial d’aluminium ressort au-dessus des attentes du consensus au deuxième trimestre, son excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté a reculé de 56% à 327 millions de dollars (262 millions d’euros) d’une année sur l’autre, ce qui correspond à une marge brute divisée quasiment par deux à 11,6%. Rusal a par ailleurs déprécié de 167 millions de dollars la valeur de son usine d’alumine et de bauxite de Fria en Guinée, à l’arrêt depuis le mois d’avril suite à un conflit social. Il enregistre ainsi une perte nette de 37 millions sur la période contre un bénéfice de 328 millions dégagé entre avril et juin 2011.

«La persistance des problèmes financiers dans la zone euro et une croissance plus faible que prévu dans les économies émergentes ont contribué à affaiblir davantage l’économie mondiale», commente le directeur général Oleg Deripaska, en ajoutant que ces conditions de marché difficiles «ont entraîné une forte chute du prix de l’aluminium sur le LME». Mais le groupe indique que la baisse de 6% du coût de ses ventes et la diversification de son mix-produit ont permis une hausse de 38% de son Ebitda ajusté d’un trimestre sur l’autre. La baisse séquentielle de 10% du rouble contre le billet vert au deuxième trimestre «a exercé un effet positif sur la rentabilité opérationnelle en dépit de la baisse des prix et des volumes de ventes», relève Kirill Chuyko, analyste chez UBS.

Rusal table sur une hausse mondiale de la demande d’aluminium de 6% à 47,5 millions de tonnes sur l’ensemble l’année, «principalement soutenue par la Chine, le Japon et les Etats-Unis». Afin de préserver sa compétitivité, le groupe va néanmoins diminuer sa production dans 4 fonderies russes dont les coûts sont les plus élevés, soit une baisse totale de capacité de 275.000 tonnes d’ici à 2018 ; 55% de la baisse sera réalisée d’ici fin 2012, et le reste étalé sur 6 ans. Cette réduction sélective «sera accompagnée par la construction de fonderies plus modernes et efficaces en Sibérie», ce qui permettra de reclasser une partie des salariés concernés. Les régions affectées par cette décision feront par ailleurs l’objet de mesures d’accompagnement financées par la société, les autorités locales et fédérales, ainsi que par la Vnesheconombank.

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